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Première mission réussie

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Photo AFP Tout baigne dans l’huile en ce début de saison pour le Canadien.

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Une équipe différente, avait-on présumé ?

Qui avait prévu en lever de rideau qu’après dix jours d’activités, le Canadien présenterait la meilleure attaque de la Ligue nationale ?

Qui avait prévu que le Tricolore marquerait en moyenne cinq buts par match ?

Qui avait prévu que l’attaque regrouperait quatre lignes capables de faire la différence un soir donné ?

Qui avait prévu que cette équipe refuserait carrément de baisser les bras dans l’adversité ?

Les résultats sont étonnants, pour ne pas dire spectaculaires. On appréhendait un début de saison avec le lourd défi de disputer six matchs consécutifs à l’étranger. Pourtant, le Canadien en profite pour attirer les regards, pour démontrer qu’au cours de l’entre-saison, Marc Bergevin a changé la personnalité de l’équipe.

Intimidant

Sur le plan physique, le Canadien peut parfois intimider. Parfois, il manque de discipline, mais il parvient toujours à se sortir d’impasse.

Sur le plan de l’exécution, le CH cause des maux de tête à ses adversaires en raison de la diversité que l’on retrouve chez les patineurs. Qui plus est, ils sont plus imposants, ils sont rapides, et ils s’impliquent, ne craignant pas d’aller récupérer la rondelle dans les coins de la patinoire.

Claude Julien vous dira qu’il y a encore du boulot à accomplir pour peaufiner le système qu’il veut implanter. Par contre, il ajoutera qu’il constate que l’équipe progresse. Et, dans une atmosphère où tout le monde met la main à la pâte, les jeunes joueurs s’acclimatent plus rapidement que prévu et les nouveaux venus n’ont pas tardé à prendre leur place dans le vestiaire. Bergevin voulait une formation capable de s’adapter au hockey où la parité change totalement la donne. Le parcours est toujours marqué par des bouleversements ou encore des imprévus : les blessures, des moments où les victoires ne viennent pas au même rythme que prévu.

Intensité

Et le Canadien semble – j’insiste sur le verbe « semble » parce que la saison est encore jeune – posséder les effectifs pour affronter un calendrier rigoureux, pour rivaliser avec intensité dans une division canadienne bien équilibrée, pour réagir si jamais les blessures invitent les entraîneurs à modifier leur plan de match. 

En supériorité numérique, il possède deux unités qui jusqu’à maintenant ont donné des résultats encourageants. En infériorité numérique, on a identifié des spécialistes qui ont démontré de la résilience. Ce n’est pas parfait, mais les buts marqués pendant ces occasions démontrent l’engagement des participants et leur acharnement à compliquer le travail des joueurs adverses.

Bonnes décisions

On disait du Canadien que s’il récoltait huit points sur une possibilité de douze au cours de ce premier long voyage dans l’Ouest, il aurait accompli sa mission.

C’est fait.

Trois victoires et aucune défaite à la régulière. Deux points récoltés dans le cas de la fusillade.

Et, il aura la chance d’ajouter deux autres points ce soir.

Pour le moment, les décisions prises par Bergevin ont de quoi raviver les espoirs. Tyler Toffoli a marqué cinq buts. Josh Anderson a réussi trois buts. Joel Edmundson, aux côtés de Jeff Petry, a une fiche de plus huit, la meilleure du groupe, et Alexander Romanov a récolté deux points et possède un différentiel de plus cinq. Et Jake Allen a une fiche de 2-0-0 en deux départs.

Il y a longtemps qu’on avait vu une formation du Canadien aussi animée, aussi redoutable dans bien des aspects du jeu.

Il y a de quoi s’emballer pour les partisans. Après tout, quand une organisation rate les séries éliminatoires quatre fois en cinq ans, on ne peut faire autrement qu’apprécier des résultats aussi impressionnants. Cependant, les entraîneurs et les joueurs vous diront qu’il faut garder les pieds sur terre. On profite du moment, mais on sait que parfois, dans les succès inattendus, se cachent aussi des pièges. 

  • Peut-on accorder autant de buts sans éventuellement en subir les conséquences ? 
  • Peut-on penser s’en sortir continuellement en oubliant la discipline ?  

Quand on possède les effectifs pour résoudre les problèmes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

L’entraîneur possède maintenant plusieurs options en raison de l’équilibre des forces  

Les chiffres ne mentent pas 

Toffoli 5-2=7 (+5) Kotkaniemi 1-2=3 (+3) Armia 2-3=5 (+6) 8-7=15 (+14)
Drouin 0-4= 4 (+1) Suzuki 1-4=0 (0) Anderson 3-0=3 (+1) 4-8=12 (+2)
Tatar 3-2=5 (+2) Danault 0-3=3 (+3) Gallagher 1-2=3 (+1) 4-7=11 (+6)
Byron 0-2=2 (+2) Evans 2-0=2 (+2) Lehkonen 1-1=2 (+2) 3-3=6 (+6)
Petry 2-5=7 (+7) Weber 1-3=4 (-2)  Romanov 1-1=2 (+5)
Edmundson 0-1=1 (+8) Chiarot 1-0=1 (-2) Kulak 0-1=1 (+3) 5-11=16 (+19)

Une solution presse pour Dubois  

John Tortorella est un entraîneur entêté.

On le sait tous. Comme on sait aussi qu’il est un bon entraîneur. Qu’il prend souvent des décisions controversées, mais il doit composer avec les événements. Le dossier Pierre-Luc Dubois a pris un autre tournant, jeudi soir, quand le jeune homme a été cloué au banc après avoir passé trois minutes et 55 secondes sur la surface de jeu.

Tortorella a dit qu’il prenait des décisions en fonction de l’effort déployé par un patineur. Il faut donc croire que Dubois, en début de match contre le Lightning de Tampa Bay, ne semblait pas avoir le goût à la compétition.

Tortorella a réagi.

Est-ce la bonne formule dans ce genre de situation ? Les entraîneurs ont leur philosophie sur le sujet. Mais, dans ce dossier, il est clair qu’on se dirige dans un cul-de-sac. Dans les circonstances, il faut que Jarmo Kekäläinen passe aux actes. D’une part, son entraîneur lui cause des soucis et dans l’autre cas, il y a la carrière de Dubois.

Pat Brisson suit le dossier de très près. Il représente les intérêts de Dubois et c’est l’un des agents les plus influents de la ligue. Plusieurs équipes ont fait des offres aux Blue Jackets. Marc Bergevin est sûrement dans le coup.

À chaque match des Blue Jackets. Tortorella force la main à son patron. Il ne manque pas de culot puisqu’il écoule la dernière année de son entente. Mais Tortorella ne changera pas sa façon de procéder.

Et Dubois ?

Il a clairement indiqué ses états d’âme.

Le moment est venu de résoudre l’impasse.