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Libération d’Eustachio Gallese: la CLCC n’est pas irréprochable, selon l’opposition à Ottawa

Marylène Lévesque
Photo d'archives, courtoisie Marylène Levesque a été tuée de plusieurs coups de couteau par Eustachio Gallese, le 22 janvier 2020, à Sainte-Foy, alors que ce dernier était en semi-liberté malgré le meurtre d’une première conjointe en 2004.

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Les partis d’opposition à Ottawa sont mal à l’aise devant le fait que le comité d’enquête n’impute aucune faute à la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans le dossier d’Eustachio Gallese, qui a tué Marylène Levesque alors qu’il était en semi-liberté.

• À lire aussi: Libération d’Eustachio Gallese: «lacunes majeures» dans la surveillance du meurtrier

Après avoir pris connaissance de la principale conclusion de l’enquête sur le Service correctionnel du Canada (SCC) et la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), c’était au tour des élus de poser leurs questions, lundi.

Eustachio Gallese
Photo courtoisie
Eustachio Gallese

Pendant 90 minutes, le Comité permanent de la sécurité publique et nationale s’est notamment attardé aux « lacunes majeures » dans la surveillance de l’équipe de gestion du meurtrier, à qui l’on a permis de façon « totalement inappropriée » d’aller à trois reprises dans un salon de massage. 

Confiance ébranlée

« C’est clair que si les deux commissaires avaient suspendu la semi-liberté, Marylène serait encore vivante aujourd’hui », a lancé le député conservateur Pierre Paul-Hus.

Selon la présidente de la Commission des libérations conditionnelles, Jennifer Oades, les règles ont été suivies et une telle affirmation reste de la spéculation.

Même si la mort de Marylène Levesque est un « incident dévastateur qui ne devrait jamais arriver », la prédiction du comportement humain n’est pas une science exacte, selon les propos de Mme Oades.

Tout comme les conservateurs, le Bloc québécois n’est pas complètement satisfait. « Des questions demeurent sans réponses. À quel niveau l’erreur a été commise ? Qui avait la décision finale ? », a ajouté la députée Kristina Michaud.

« Les Canadiens n’ont pas confiance et ce rapport ne va pas aider », a aussi mentionné le conservateur Glen Motz. Le néo-démocrate Jack Harris a également soulevé des questions sur la responsabilité des intervenants. Plusieurs fois, lundi, les élus du PLC ont offert leurs condoléances à la famille de la victime.

En outre, la CLCC a tenté d’expliquer que les signes précurseurs chez Gallese sont arrivés après l’audience de septembre 2019, et que ceux-ci n’étaient pas apparents à ce moment. Selon l’enquête, Gallese présentait « des signes précurseurs » dans la gestion de ses émotions.

Aucun blâme

« On tourne en rond. Les commissaires qui ont été nommés n’avaient pas d’expérience. C’est choquant et ils n’ont aucun blâme. Quand ils ont su qu’il voyait des femmes, leur responsabilité était de le retirer de la circulation immédiatement pour réévaluer son cas. Ils ne l’ont pas fait », termine Pierre Paul-Hus.

Marylène Levesque a été tuée de plusieurs coups de couteau par Eustachio Gallese, le 22 janvier 2020, à Sainte-Foy. Gallese était en semi-liberté malgré le meurtre d’une première conjointe en 2004.

Une enquête disciplinaire est en cours sur le personnel impliqué dans cette affaire. Des sanctions pouvant aller jusqu’au congédiement sont possibles.