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TFI paye 800 M$ US pour un bout d’UPS

L’entreprise d’ici ajoute 14 500 employés à ses effectifs

Alain Bédard
Photo courtoisie Le grand patron de TFI International, Alain Bédard souligne que « C’est une transaction majeure pour nous. La plus importante que l’on ait jamais faite ».

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Le géant québécois de la logistique TFI International frappe un grand coup en mettant la main sur le fleuron américain United Parcel Service (UPS) Freight pour 800 M$ US en pleine pandémie.

« On est parti, il y a une vingtaine d’années, d’une compagnie de Montréal en faillite à l’époque », laisse tomber au bout du fil, en entrevue au Journal, le PDG de TFI, Alain Bédard, pour montrer l’ampleur du chemin parcouru.

Lundi, l’entreprise montréalaise de transport a annoncé l’acquisition d’UPS Freight, qui s’occupe d’expéditions sur palettes, dont les revenus avoisinent les 3 milliards $ US.

Approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration de TFI et d’UPS, la transaction doit se conclure au deuxième trimestre de 2021, sous réserve des conditions habituelles de clôture et des autorisations réglementaires.

Plus de 14 500 employés, 197 terminaux et 6340 véhicules d’UPS Freight passeront ainsi aux mains de l’entreprise québécoise, qui promet de maintenir le siège social américain de cette branche à Richmond, en Virginie.

Méconnue, « très low profile », comme se plaît à le dire son PDG, Alain Bédard, TFI est un gros joueur dans l’industrie du transport en Amérique du Nord.

Livraison de colis et de courrier, transport de lots brisés, transport de lots complets, logistique... TFI est aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

« C’est incroyable »

Et ce géant québécois en pleine expansion à l’ère du commerce en ligne ne s’est pas gêné pour passer à l’action en pleine pandémie.

Depuis deux ans et demi, le numéro 1 de TFI, Alain Bédard, négociait avec UPS pour acheter sa branche Freight, payée en 2005 1,25 G$ US par l’américaine.

« Ils ont fait énormément d’investissements, mais pour eux c’était 3 G$ de ventes sur un chiffre d’affaires global de 80 G$ US, donc c’était 3 % ou 4 %. Je leur ai dit : “C’est une roche dans votre soulier. C’est petit” », dit Alain Bédard, qui a réussi à les convaincre de vendre cette portion de la compagnie.

Lundi, les acteurs de l’industrie du transport et les analystes financiers salivaient de voir une entreprise québécoise avaler une américaine.

« On doit être fier de ce fleuron québécois là. C’est impressionnant. C’est incroyable. C’est toute une bouchée », s’est réjoui Pascal Gaudet, v.-p. gestion des routiers de Trans-West de transport de denrées alimentaires.

« À long terme, nous prévoyons que le potentiel de création de valeur sera assez important compte tenu des marges opérationnelles du secteur », a indiqué pour sa part l’analyste Benoit Poirier de Desjardins.

De leurs côtés, les analystes de la Banque Nationale, Cameron Doerksen et Albert Matousek, ont révisé à la hausse leurs attentes après l’annonce.

« Avec l'inclusion d'UPS Freight dans nos prévisions, notre objectif passe à 103,00 $ contre 85,00 $ auparavant », ont-ils souligné dans une note à propos du prix de l’action.

– Avec Sylvain Larocque


Lundi, à la fermeture des marchés, à la Bourse de Toronto, le titre de TFI International s’échangeait à 86,08 $, en hausse de 20,99 $ ou 32,25 % par rapport à l’ouverture. 

TFI (secteur LTL*) avec l’achat d’UPS Freight  

  • Siège social : Montréal 
  • Fondation : 1957 
  • Terminaux : 235 
  • Véhicules : 7226 
  • Employés : 16 900  

Source : TFI International

* LTL signifie « Less than truckload » (camion pas rempli au complet)