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Pourquoi la cause gaie ne me suffit pas

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Militantisme tranquille

Ça fait presque 10 ans que j’écris dans Fugues, le principal magazine LGBTQ+ du Québec. Mais je ne suis pas ce que j’appellerais un «militant» de la cause gaie. 

D’abord parce que j’écrivais une chronique de fiction, ce qui est un militantisme assez tranquille, merci. Même si j’y mettais de plus en plus d’idées, au point de finir par passer à la chronique d’opinion, c’étaient plus des idées éthiques et politiques que spécifiquement gaies.

Pour reprendre un beau mot d’invention récente, je suis un slacktiviste. J’ai déjà crié dans les rues et brandi des pancartes, mais je ne le fais plus. Je serais prêt à le refaire si on enlevait aux gais le droit de se marier ou d’avoir des enfants, ou si une tuerie à la Pulse d’Orlando se passait au Québec. D’ici là, business as usual.

Chacun a sa cause

Est-ce que cette forme d’engagement dégagé est moins productive que l’ancienne? Pas sûr. Surtout en temps de pandémie, où nos vies numériques sont plus actives que nos vies physiques, la prise de position sur les médias sociaux peut avoir un impact significatif.

Au 3e millénaire (je trouve ça pas mal plus inspirant que «21e siècle», non?), l’activisme s’est universalisé. Acheter, c’est voter, disait déjà Laure Waridel. À quoi il faut ajouter: cliquer, liker, partager, c’est voter.

Au 3e millénaire, chacun a sa cause, qui varie souvent. C’est ce qu’on a dit pendant la campagne électorale provinciale de 2018: les électeurs, infidèles aux partis, changeaient en fonction d’enjeux précis. L’environnement est une cause fréquente, mais il y en a 1000 autres. Il n’y a plus de «bonne cause» – et c’est tant mieux.

Le millénaire du «je»

C’est peut-être parce que j’ai bien vécu mon coming out, ayant quitté le secondaire après avoir été suspendu, que la cause gaie m’enthousiasme moins que celle de l’éducation. Celle de la santé mentale aussi, que j’ai portée en faisant mon coming out bipolaire sur mon mur Facebook lors de la journée Bell cause pour la cause 2019. 

Mais derrière toutes ces causes, ce qui me motive, c’est moi. Le 3e millénaire est le millénaire du «je». Méfiez-vous quand on essaie de vous convaincre que travailler sur vous, c’est nécessairement nuire à quelqu’un d’autre. La cause frédéric-tremblayienne est la seule que je jure fièrement de défendre toute ma vie.

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