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Sam Hamad se désiste pour la mairie de Québec

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Après plusieurs mois de réflexion, l’ex-ministre et ex-président du Conseil du trésor Sam Hamad renonce à briguer la mairie de Québec. Inquiet de voir les dossiers de la région piétiner, il offre cependant son aide au gouvernement.

« Je ne cherche pas un travail, je suis très heureux où je suis, mais je me dis que si je peux aider le gouvernement, avec toute mon expérience, ma connaissance de la région, des dossiers, des programmes et du fonctionnement du Parlement, j’en serais très heureux », lance M. Hamad à l’autre bout du fil. 

Celui qui a représenté le comté de Louis-Hébert à l’Assemblée nationale pendant 13 ans, en plus d’avoir siégé comme ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, a très sérieusement envisagé de se présenter à la mairie cette année. 

Les nombreux appels le sollicitant l’ont d’abord convaincu d’y songer, dit le principal concerné, qui a d’ailleurs tenu à remercier tout ce monde, hier. 

L’ex-politicien porte toujours en lui le sens du devoir, et un amour inconditionnel pour la capitale.

« Au début, dans ma réflexion, j’ai pensé à Québec et la région, je sentais qu’il y avait un besoin important de travailler les dossiers et aussi de travailler avec le gouvernement, d’avoir avec lui une bonne proximité. »

Impact personnel

Puis, pendant les Fêtes, M. Hamad a pensé à sa vie personnelle, à l’impact sur sa famille d’une candidature à la mairie, un poste « encore beaucoup plus exigeant que celui de ministre », selon lui.

« Je connais la vie publique, je sais ce que ça donne et ce que ça impose, observe-t-il. Tu donnes ta santé, ton temps, tes loisirs, tu donnes tout, il n’y a plus rien, et personne ne va te demander, quand tu es en fonction, comment va ta santé. Ils veulent ton rendement et c’est normal. Les gens s’attendent à ce que tu sois en forme et de bonne humeur. »

M. Hamad insiste : sa décision n’a rien à voir avec celle que pourrait prendre le maire Régis Labeaume, bien que ça aurait « fait drôle d’être là, les deux en face à face ».

« Il est dans une position difficile, il tient à son projet [de tramway], il est beaucoup plus critiqué. Je n’aimerais vraiment pas être à sa place, c’est pas évident sa position », dit-il. 

À savoir si M. Labeaume devrait revenir, M. Hamad répond que le maire a déjà fait beaucoup pour Québec, en lui redonnant sa fierté. 

Revoir le tramway

Au sujet du réseau de transport structurant, M. Hamad croit que M. Labeaume doit accepter de le revoir avec un œil plus critique.

« Sur le terrain depuis un an, je n’ai pas entendu un commentaire positif », lance-t-il.

L’ex-ministre soutient que Québec a besoin « sans aucun doute » d’un réseau de transport structurant et croit à la volonté du gouvernement.

Il ne va pas jusqu’à remettre en question le choix du mode, le projet étant trop avancé. 

D’autre part, il calcule qu’en général, chaque fois que Montréal reçoit 4 $, Québec devrait obtenir 1 $, et qu’on est très loin du compte.

La métropole, rappelle-t-il, compte actuellement pour plus de 30 milliards de dollars de projets de transport.

Québec doit s’assurer de tirer son épingle du jeu. « Sinon, l’écart va être tellement important, souligne-t-il, qu’on va prendre du retard comme on l’a pris [au début] des années 2000. »

Travail de collaboration

M. Hamad rappelle qu’on n’a encore rien vu des impacts de la COVID, et que ça fera mal à Québec aussi.

Québec a « sa championne » avec la ministre Geneviève Guilbault, qui est bien positionnée et qui est à l’écoute du premier ministre.

« Mme Guilbault a beaucoup de volonté, mais tout le monde doit travailler ensemble. »

Il pense aussi à Québec et Lévis qui devraient collaborer plutôt que d’être en compétition, « ce qui est très mauvais pour la région ». 

M. Hamad critique le genre de « discussion qui n’est pas toujours constructive ».

« Lui [M. Labeaume] veut ci et veut ça, veut son projet tel qu’il le veut, etc. Et le gouvernement dit non, on va faire ce qu’on pense aussi. C’est une confrontation et ce n’est pas bon pour la région. La solution est plus complexe », constate celui qui espère pouvoir donner un coup de main pour la suite.