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Cuba: des manifestants délogés face au ministère de la Culture

Cuba: des manifestants délogés face au ministère de la Culture
Photo d'archives, AFP

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Une trentaine de manifestants cubains ont été délogés mercredi face au ministère de la Culture où ils étaient rassemblés, deux mois jour pour jour après une mobilisation historique d’artistes au même endroit pour plus de liberté d’expression, ont annoncé les autorités.

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Un journaliste de l’AFP a constaté que les rues autour du ministère étaient surveillées par des agents des forces de l’ordre en uniforme et en civil, ainsi que par des patrouilles de police, puis qu’un groupe de manifestants était évacué dans un bus officiel.

Selon le ministère, dont un communiqué a été diffusé au journal télévisé, trois porte-parole qui avaient été «désignés», parmi un groupe d’artistes et intellectuels, avaient rendez-vous pour reprendre le dialogue initié fin novembre. Les autorités ont demandé que la trentaine de personnes qui les accompagnaient quittent les lieux, ce qu’elles ont refusé de faire.

Le vice-ministre de la Culture Fernando Rojas les a alors invité à entrer pour parler de leurs réclamations, les manifestants dénonçant que plusieurs de leurs camarades étaient bloqués chez eux par les forces de l’ordre.

Ils ont rejeté cette invitation, selon le communiqué: «Face à leur refus et l’intention évidente de créer un show médiatique, les travailleurs de l’institution se sont confrontés à eux et les ont délogés».

Dans une vidéo publiée par des manifestants sur Twitter, on aperçoit le ministre de la Culture Alpidio Alonso retirer d’un geste brusque le téléphone d’un manifestant qui est en train de le filmer, peu avant que le groupe soit évacué.

Dans la nuit, le président Miguel Diaz-Canel a affirmé sur Twitter que les ministères cubains «ne sont pas des plateformes médiatiques». Il a fait valoir qu’«il n’est pas honnête de se cacher derrière l’art pour provoquer en assiégeant les institutions et les fonctionnaires» alors que la pays est confronté à la crise sanitaire et aux sanctions américaines.

Les manifestants faisaient partie du groupe de 300 artistes qui avaient mené le 27 novembre une mobilisation historique face au ministère pour plus de liberté d’expression.

Dans une déclaration mercredi sur sa page Facebook, ce collectif, baptisé Mouvement 27N, assure que ne pas vouloir «renoncer aux revendications de cette nuit-là», exigeant «la fin du harcèlement, de la répression, de la censure, du discrédit, de la diffamation» contre ses membres.

Sur Twitter, les autorités américaines ont réagi, se disant «inquiètes d’informations selon lesquelles des fonctionnaires cubains ont agressé des manifestants pacifiques en quête de liberté d’expression et réclamant la libération de leurs collègues arrêtés», selon un message du Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du département d’Etat.

«Nous appelons le gouvernement cubain à écouter et à dialoguer avec sa population au lieu d’avoir recours aux arrestations, à la violence et aux coupures d’internet», ont-elles ajouté.