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Le CISSS de Laval recommande de ne pas laisser son masque dans la voiture

Le CISSS de Laval recommande de ne pas laisser son masque dans la voiture
Photo AFP

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Faut-il éviter de laisser son masque de procédure contre la COVID-19 dans la voiture l’hiver? Oui, si on en croit une note venant du CISSS de Laval dont Le Journal a eu copie, mais non selon un distributeur de masques, qui se fait rassurant.

La note, datée du 21 janvier, mentionne que «le matériel de fabrication des masques de procédure est le plus souvent du polypropylène non tissé [...] À -10°C, la matière passe d’un état flexible à rigide. Cela ne permet pas de statuer si le masque maintient ou non ses propriétés lorsqu’il passe de chaud à froid et de nouveau à chaud.»

La note ajoute «qu’il n’est pas recommandé de laisser les masques de procédure dans l’auto durant l’hiver, plus particulièrement durant les périodes de grand froid.»

Les masques de procédure, aussi appelés masques chirurgicaux, sont actuellement utilisés dans tous les établissements de santé et dans les écoles secondaires. Ils sont notamment composés de plis superposés.

Vérifiés

Éric Éthier, président de MedSup Canada, est un important distributeur de masques au Canada. Ses masques répondent à la norme ASTM-F2100 de Santé Canada, qui impose une batterie de tests. Il est convaincu qu’ils conservent leur niveau de protection après avoir été exposés au froid.

Même si cette norme n’impose pas directement de tester des masques qui ont séjourné à des températures de -10°C, par la force des choses, ils ont souvent rencontré ces conditions.

«Nos masques arrivent de Chine. Ils ont été entreposés, ont passé du temps sur des bateaux, et on les livre en camion. Ces masques ont gelé et nous les avons testés en laboratoire. Rien de problématique n’est ressorti. On ne voit pas de différence entre un masque qui a passé un hiver dans un conteneur en Chine et un qui sort de la machine de production», affirme-t-il.

«Une matière qui est gelée est moins efficace qu’une matière à la température de la pièce, c’est vrai», ajoute M. Éthier, qui assure toutefois que le polypropylène non tissé reprend ses propriétés ensuite.

Pour M. Éthier, le véritable enjeu est de rappeler que ces masques sont à usage unique. «Il y a une raison pour ça. On veut éviter les contaminations croisées.»

Justification

Après la publication initiale de l’article, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a précisé «qu’il s’agit d’une initiative du CISSS de Laval. Le MSSS recommande d’utiliser les masques selon les recommandations du fabricant.»

De son côté, le CISSS de Laval a indiqué pour sa part «qu’aucune directive du MSSS n’a été diffusée» concernant l’utilisation des masques qui ont été exposés au gel.

«L’équipe de prévention et contrôle des infections a été questionnée afin de valider l’efficacité d’un masque de procédure passant du froid au chaud et vice versa. En s’appuyant sur le principe de base que tout le matériel médical, dont les masques de procédure, doit être entreposé dans un milieu tempéré et sans humidité excessive, ainsi que pour éviter des risques minimes d’ordre théorique, le CISSS de Laval propose aux employés concernés, et seulement ceux-ci, de ne pas laisser les masques de procédures dans leur voiture l’hiver», a-t-il ajouté

Méthode dénoncée

Comme il l’avait fait la semaine dernière, Éric Éthier a lancé une pique au gouvernement québécois.

«On n’est pas bons dans les masques au Québec. Le premier ministre a dit que ça allait prendre de six à huit semaines pour en avoir dans les écoles, j’en ai des millions prêts à être livrés. On a une problématique ici qu’on ne s’explique pas. On l’a dit au groupe d’achat centralisé. Il y a un appel d’offres pour les écoles avec livraison le 17 février. C’est un mois plus tard que la rentrée. C’est grave», regrette-t-il.

Il peste aussi sur l’approche du recyclage de ces masques. «Nous sommes l’un des seuls recycleurs au pays. Ça fait des mois qu’on essaie d’avoir un programme provincial. Dans le moment, c’est géré au niveau des écoles. On pourrait couper la facture en deux. Je sais que ce n’est pas le discours d’un vendeur de masques.»

Situation au Québec

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