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Le tataouinage de Justin avec la frontière

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Photo AFP

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Alors que nous attendions enfin une décision sur les voyageurs, Justin Trudeau a trouvé le moyen de remettre cela à plus tard. Il a vanté l’actuelle loi sur la quarantaine du Canada en faisant semblant d’ignorer à quel point son gouvernement a manqué de rigueur dans l’application concrète de cette loi. Je m’explique mal une telle hésitation à cette étape-ci de la pandémie.

Pourtant, le gouvernement canadien aurait dû apprendre sa leçon au printemps dernier. Le retour des voyageurs a été le point de départ de toute la pandémie au Canada. Le grand nombre de Québécois ayant visité l’Europe pendant la relâche est l’explication principale de l’ampleur de la première vague au Québec.

Le virus n’aurait pas sauté l’océan Atlantique tout seul. Ce sont des voyageurs qui l’ont ramené. Si ces voyageurs avaient respecté scrupuleusement la quarantaine et n’avaient eu aucun contact dans les quatorze jours suivant leur retour, nous aurions peut-être sauvé des vies et des milliards de dollars. Sans parler de notre liberté.

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Déjà tard

Au printemps dernier, le gouvernement pouvait plaider la surprise et une certaine ignorance pour excuser sa lenteur à réagir. Des mois plus tard, le piétinement auquel nous assistons est inexplicable.

Nous savions que le temps des Fêtes serait un moment fort de voyages. Nous savons tous que l’hiver accroît le goût d’aller dans le Sud. Des règles de quarantaine strictes auraient dû être annoncées dès le début décembre.

Depuis le temps des Fêtes, nous savons aussi que de nouveaux variants circulent. Le gouvernement canadien était assez conscient du risque pour interrompre les vols en provenance du Royaume-Uni pendant quelques jours. Mais pas assez pour resserrer ses règles générales de quarantaine ensuite.

Pourtant, les experts s’entendaient sur le risque supplémentaire que représente un nouveau variant. Au début, on le savait plus contagieux, mais on l’imaginait moins mortel. Mais les dernières observations au Royaume-Uni indiquent qu’il serait au contraire plus mortel. 

Complications en vue

Or ce nouveau variant est déjà entré au Canada. Il a infesté une résidence pour aînés en Ontario. Il se propage probablement dans le pays plus encore que nous ne l’imaginons. Lui non plus n’a pas traversé l’océan à la nage. Nous l’avons laissé entrer par des voyageurs qui sont revenus infectés et qui n’ont pas respecté la quarantaine. 

Selon les rumeurs, les membres du gouvernement Trudeau ne s’entendaient pas sur la façon de gérer la situation des voyageurs. Une raison de ne pas agir ? Je refuse cet argument. Il vient un point où c’est au premier ministre lui-même d’assumer sa fonction et de trancher.

On reconnaît les biais de monsieur Trudeau à ses décisions. Lorsqu’il s’agit de restrictions liées à la gestion de la frontière, il est hésitant, il est sur les talons, il étudie, il reporte. 

À l’inverse, lorsqu’il s’agit de dépenser beaucoup d’argent, d’emprunter massivement, il fonce, il décide, il avance en étudiant bien peu les répercussions. 

Voilà, pour la question des retours de voyages, il faudra attendre encore un peu...