/opinion/columnists
Navigation

Un ex-Montréalais à l’origine des Proud Boys

US-ALT-RIGHT-GROUPS-HOLD-"DEMAND-FREE-SPEECH"-RALLY-AT-FREEDOM-P
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Les députés à Ottawa ont convenu à l’unanimité lundi de demander au gouvernement de déclarer que l’organisation machiste d’extrême droite Proud Boys est une « entité terroriste ». Plusieurs de ses membres ont été arrêtés pour avoir participé à l’attaque contre le Capitole aux États-Unis.

Lors du premier débat présidentiel, lorsqu’on a demandé à Trump s’il condamnerait les suprémacistes blancs et les milices, y compris les Proud Boys, il a répondu qu’ils devaient « se tenir prêts » (« Stand back and stand by »).

C’est un ex-Montréalais, Gavin McInnes, qui est à l’origine du groupe néofasciste. Diplômé de Concordia, il fonde en 1994 avec deux partenaires Voice of Montreal qui deviendra le magazine Vice, à l’aide d’un financement par un programme gouvernemental de réinsertion de jeunes drogués. Le fanzine est distribué gratuitement dans les rues de Montréal.

La dérive

Vice déménage à New York en 2001 où il devient un important groupe multimédia qui rejoint un auditoire de jeunes adultes – les milléniaux – qui intéressent les commanditaires. 

En 2008, McInnes quitte Vice. Son goût pour la provocation le place en conflit avec ses associés qui cherchent à attirer les annonceurs. Il a, entre autres, écrit un livre intitulé Comment pisser en public.

  • Écoutez la chronique de Guillaume Lavoie au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio:

Conservateur libertaire, il aime se moquer de Black Lives Matter et des femmes. Il apparaît régulièrement comme chroniqueur sur Fox News, la chaîne de télévision au service de Trump.

C’est pendant la campagne présidentielle américaine de 2016 que McInnes fonde les Proud Boys, dont l’adhésion est réservée aux hommes. Le groupe phallocrate s’est depuis développé dans des dizaines de villes américaines, en Australie et au Canada.

Au cours des deux dernières années, des membres du groupe, souvent accompagnés de skinheads, de néonazis et des Oath Keepers, ont été impliqués dans de violents affrontements à Berkeley, à Los Angeles, à Portland et à New York. 

En novembre 2018, McInnes a déclaré qu’il quittait à contrecœur les Proud Boys « renonçant à toutes fonctions, pour toujours » (« in all capacities, forever ») ajoutant qu’il n’avait jamais préconisé que la légitime défense et déplorant que ses blagues et ses parodies du racisme aient été mal interprétées. 

Les Proud Boys sont considérés comme un groupe haineux et ils sont bannis de Facebook et d’Instagram.

Trahis par Trump

Depuis le départ de Trump de la Maison-Blanche, les Proud Boys se sont retournés contre lui. Eux qui appellent à la guerre civile ont été déçus lorsque Trump a condamné la violence. Ils dénoncent son désaveu comme une trahison. 

Les Proud Boys sont furieux que Trump, qui a été mis en accusation pour avoir incité à l’insurrection, n’ait pas accordé de grâce présidentielle à leurs membres arrêtés pour avoir participé à l’invasion du Capitole.

Ils ne sont pas seuls. Les Oath Keepers, les America First et les Three Percenters prennent également leur distance. Les Prouds Boys veulent maintenant « passer au noir » (aller dans la clandestinité ?) et concentrer leurs énergies à encourager la sécession d’États républicains de l’Union.