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Vivre son confinement dans un 5 et demie

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Photo Instagram, François Legault On n’a pas tous un manoir pour passer le confinement.

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Identifiée par le mot-clic #tousensemblepourallermieux, l’initiative de plusieurs membres du gouvernement Legault montrant comment ils arrivaient à se détendre en temps de confinement en a fait rager quelques-uns.

Quand on vit dans un studio qui donne sur un mur aveugle, on trouve peu de réconfort à voir un ministre pianoter dans une grande pièce lumineuse ou gratter la guitare sur un immense divan sectionnel blanc. Si elle n’avait pas autant eu l’air d’être un faux, l’étrange photo du premier ministre faisant de la planche à neige dans une entrée de cour aurait pu générer presque autant de parodies que l’image de Bernie Sanders blasé à l’investiture de Joe Biden.

Densité et grands espaces

Ça vient de la bonne place, cette volonté des ministres de la CAQ de nous montrer que le bonheur peut se trouver dans une promenade à poussette dans une rue aux maisons toutes pareilles. Au gouvernement, on cherche sincèrement des moyens de nous aider à tenir le coup... en espérant aussi que les Québécois continuent d’obéir au confinement!

Ça remonte à loin dans cette pandémie, toutefois, ce sentiment que ce gouvernement – et ses partisans – n’est pas également attentif à toutes les difficultés affrontées par les citoyens.

C’est une évidence, mais on dirait que ça n’a pas été assez dit, que ce n’est pas la même chose d’être confiné dans un cinq et demie que dans le confort d’un plain-pied de banlieue. Le télétravail et l’école à la maison ne sont pas exactement des facteurs de renouveau pour le couple ou de rapprochements pour la famille quand tous doivent les vivre dans le même salon double.

La pandémie, ce n’est pas la même chose non plus selon que l’on vive dans la densité urbaine ou dans les espaces de régions qui nous permettent d’embrasser l’horizon. Certains pesteront et crieront à l’injustice lorsque l’on reviendra aux codes de couleur, mais c’est évident qu’on ne peut pas faire souffrir tous les territoires par simple équité envers le grand Montréal.

Jeu de base

À la fin, le fin mot est l’empathie. Au début de la crise, on louangeait souvent celle du premier ministre qui nous montrait qu’il comprenait ce que nous vivions tous en nous racontant les appels qu’il partageait avec sa mère qui n’était pas contente d’être confinée. À ce moment-là, nous avions l’impression que nous étions tous dans le même bateau. 

C’est beaucoup moins le cas aujourd’hui quand François Legault peine à trouver des mots pour nous montrer qu’il prend au sérieux la situation des sans-abri, qui manquent déjà de places en refuges quand la nature impose naturellement son couvre-feu par le froid.

Il va falloir revenir au jeu de base, dans le discours de ce gouvernement qui, bien qu’il demeure fort populaire, a encore besoin du bon vouloir et de la collaboration des citoyens pour aplatir la courbe.

Pour y arriver, encore faut-il se rappeler que ce n’est pas tout le monde qui a les mêmes besoins et, surtout, les mêmes moyens pour faire face à cette situation. On ne sera pas #tousensemblepourallermieux si on continue d’assumer que tout le monde a un manoir pour passer le confinement.