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Inévitable faillite pour une enseignante en arrêt de travail

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Aux prises avec des problèmes récurrents d’anxiété et de dépression, Carmen a eu bien du mal à maintenir sa stabilité financière. La pandémie a davantage aggravé ses difficultés.

Carmen est enseignante et s’est souvent trouvée en congé maladie en raison de sa santé fragile. Non seulement elle souffre de diabète, mais elle lutte également contre la dépression depuis plusieurs années.

Cela a engendré des montagnes russes sur le plan financier, la poussant à avoir recours à ses cartes de crédit pour boucler ses fins de mois. Aujourd’hui, elle se retrouve avec des soldes de plus de 23 000 $.

Elle a aussi accumulé 1500 $ en factures d’électricité et doit encore 10 500 $ aux ministères du Revenu provincial et fédéral. Enfin, elle a pris beaucoup de retard dans le remboursement de son prêt étudiant, qui atteint 25 875 $ avec les intérêts. Au total, elle se retrouve donc avec près de 61 300 $ de dettes et les choses vont encore empirer.

Solution de dernier recours

La pandémie a accru l’anxiété de Carmen. Son diabète étant un facteur de risque en cas d’infection à la COVID-19, son médecin lui a conseillé de cesser d’enseigner temporairement, d’ici à ce qu’elle reçoive le vaccin.

Depuis, elle reçoit la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), ce qui lui procure un revenu brut de 1000 $ toutes les deux semaines. Or, ce montant lui permet à peine de payer ses dépenses de base. Elle est à la recherche d’un emploi en télétravail qui permettrait de protéger sa santé tout en lui fournissant de meilleurs revenus, mais jusqu’ici, le succès n’est pas au rendez-vous.

Pour sortir de l’impasse et trouver une solution à ses problèmes financiers, Carmen a décidé d’aller consulter la firme de syndics autorisés en insolva-bilité Raymond Chabot. Après avoir fait son bilan, la conseillère principale en redressement financier, Patricia Roy, lui a proposé de faire faillite.

« Dans son cas et compte tenu de l’incertitude relative à ses finances, c’est la meilleure solution », dit-elle.

Libérée de ses dettes

En faisant faillite, Carmen sera libérée de toutes ses dettes. Cartes de crédit, factures impayées, mais aussi dettes d’impôt et prêt étudiant. 

« Les dettes d’études ne peuvent être incluses dans une faillite que si cela fait plus de sept ans que la personne a fini ses études. C’est le cas de Carmen qui les a terminées en 2009 », dit Mme Roy.

Attention : la fin officielle des études est la date à laquelle l’institution d’enseignement atteste que l’on a cessé d’étudier pour la dernière fois, à temps plein ou à temps partiel. Effectuer un retour sur les bancs d’école remet donc le compteur à zéro, et ce, même si l’on n’a pas obtenu de prêt pour cette période.

Avant d’être libérée de sa faillite, Carmen devra payer 58 $ par mois pendant neuf mois, la PCRE n’étant pas considérée dans le calcul d’un éventuel revenu excédentaire.

Elle possède également une automobile qu’elle veut conserver bien qu’elle nécessite d’importantes réparations. 

« Pour cela, elle devra “racheter” son véhicule en versant à la faillite un montant d’environ 166 $ par mois pendant neuf mois. Elle a aussi prévu de mettre 200 $ de côté pendant plusieurs mois afin de payer les réparations », précise Patricia Roy. 

Le dossier de crédit de Carmen sera lourdement entaché pendant six ans après sa libération, mais elle pourra enfin repartir du bon pied sur le plan financier. 

Sa situation financière

ACTIFS :

  • Un véhicule : valeur de 1500 $

DETTES DE CONSOMMATION :

  • Cartes de crédit : 23 330 $
  • Factures d’électricité impayées : 1560 $
  • Dettes d’études : 25 875 $
  • Dettes d’impôt : 10 500 $

Total des dettes de consommation : 61 265 $


REVENUS BRUTS MENSUELS

  • PCRE : 1000 $ toutes les deux semaines

Total des revenus : 2000 $


DÉPENSES MENSUELLES

  • 1950 $ (incluant loyer, électricité, assurances, épicerie, réparation automobile, rachat de son véhicule à ses créanciers, paiement de la faillite, etc.)