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Le Brexit et nous

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Le Parlement débattra aujourd’hui même d’un projet d’accord commercial entre le Canada et le Royaume-Uni. Celui-ci vise à combler le vide créé entre les deux pays par le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Alors que le Canada était lié par une entente de libre-échange avec l’UE, il lui fallait trouver une façon de reconduire son canal commercial avec le Royaume-Uni nouvellement souverain. 

Le projet est intéressant pour le Québec, qui a historiquement compris l’importance d’offrir à ses PME des accès à une multitude de marchés. Au-delà de l’accord en lui-même, le procédé en lui-même est porteur de leçons par rapport au Québec et à son projet d’indépendance nationale.

Une première

Les cas du Royaume-Uni et du Québec sont bien entendu différents. Il demeure que le Brexit représente une première dans l’Histoire, présentant le cas d’un État quittant une union douanière par laquelle il était partie à une série d’accords commerciaux. En cela, la situation est comparable à celle du Québec et de son projet d’indépendance. Le Québec, affirmaient les adversaires du projet, se retrouverait dans un trou noir et ne serait pas automatiquement signataire des accords négociés par le Canada, se retrouvant ainsi devant une page blanche quant à ses partenaires commerciaux.

Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

Les partenaires commerciaux du Québec n’auraient aucun intérêt à rompre avec lui. Mais quelle garantie existe-t-il ? L’incertitude semble grande.  

Les Britanniques répondent aujourd’hui à cette interrogation.

Le Brexit, justement !

Revenons-en au projet d’accord commercial entre le Canada et le Royaume-Uni. 

Le Canada, rappelons-le, détient un accord avec l’UE. Pour éviter que le départ du Royaume-Uni de l’UE ne laisse un vide dans les relations commerciales entre Londres et Ottawa, un accord transitoire a été conclu en un laps de temps très court. 

Le procédé est simple : l’Accord Canada-UE est reproduit avec le Royaume-Uni pour une période provisoire, jusqu’à ce que les partenaires renégocient à court terme une entente permanente. La stabilité est ainsi assurée jusque-là.

Un exemple pour le Québec

Le Brexit nous montre la voie lorsqu’une nation commerçante conquiert ou récupère sa souveraineté. Un Québec fraîchement indépendant imiterait cette façon de faire et conclurait rapidement des ententes provisoires, assurant l’accès aux marchés à nos entreprises, en attendant de renégocier des accords permanents avec nos partenaires.

Loin d’être laissé au dépourvu, le Royaume-Uni a par ailleurs déjà conclu des traités commerciaux avec 60 des 70 pays avec lesquels l’UE avait signé des accords. Londres est même parvenu à une entente avec le Japon, avec lequel l’UE n’en avait pas.

Les accords transitoires - parce qu’ils sont provisoires - n’exemptent pas les pays nouvellement indépendants de retourner à la table des négociations plus tôt que tard. Y a-t-il un problème à renégocier ce qu’un autre a négocié pour soi avant nous ? Cela nous éviterait, par exemple, de marchander les secteurs chers au Québec, comme son agriculture, son aluminium ou son bois d’œuvre. Il y a beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients à arriver à la table en portant uniquement ses intérêts propres.

Le Brexit, un avant-goût de l’indépendance du Québec? Pourquoi pas! 

Simon-Pierre Savard-Tremblay
Porte-parole du Bloc québécois en commerce international
Député de Saint-Hyacinthe—Bagot

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