/news/society
Navigation

Les retraités de la White Birch encaissent une ultime défaite

La Cour suprême du Canada refuse de les entendre après une décennie de lutte

Les retraités de la White Birch encaissent une ultime défaite
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Les retraités de la papetière de Québec White Birch ont échoué dans leur dernière tentative pour récupérer les sommes perdues à la suite de la renégociation de leur régime de retraite auprès du syndicat Unifor qui les représentait.

L’ultime recours entamé par le groupe de retraités qui avait lancé une poursuite contre le syndicat qui les défendait n’a pas été retenu par la Cour suprême du Canada, jeudi matin. 

« C’est une grande déception », avoue Gilles Bédard qui a été à la tête du Regroupement des employés retraités de White Birch.

En 2010, la société White Birch s’était placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Quelques mois plus tard, une entente avait cependant eu lieu devant la cour pour garder l’usine ouverte sous condition de la signature de nouvelles conventions collectives qui incluait l’abandon de l’ancien régime de retraite. 

Après deux ans de négociations, White Birch avait transmis une offre « finale » qui prévoyait la terminaison des régimes de retraite en vigueur. Cette entente signifiait pour les retraités une perte d’environ 30 % de leur rente, mais permettait aux employés en poste de conserver leur emploi. 

Ignorés

Les retraités estiment avoir été tenus à l’écart des négociations entre Unifor et BD White Birch Investment pour la relance des opérations de l’usine Stadacona. 

« On a été ignorés par notre syndicat », croit encore M. Bédard, même si les tribunaux en ont décidé autrement. 

Le Regroupement des employés retraités de White Birch, qui représentait 456 personnes, réclamait des dommages de 68 millions $ contre le syndicat. 

La requête introductive d’instance avait été rejetée par la Cour supérieure et la Cour d’appel avant la décision de la Cour Suprême, jeudi.  

Si « juridiquement il n’y a plus rien à faire, selon Me Jocelyn Morency qui défend ces retraités depuis une décennie, ce qui reste à faire, c’est de l’action politique ».

Modifier la loi

Il y a un trou dans la loi qui doit être colmaté par le législateur afin de protéger les retraités. 

« Faire une loi pour les protéger. Nous sommes les retraités de demain », fait valoir l’avocat.  

« C’est un débat qui ne doit pas finir, même s’il est fini pour nous au niveau légal », croit aussi M. Bédard qui a pris sa retraite en 2001. 

Gilles Bédard dit avoir reçu beaucoup de sympathie de la part de politiciens, sans toutefois que cette écoute se transforme en action concrète afin que la loi soit modifiée.  

La moyenne d’âge des retraités de la White Birch est de 78 ans alors qu’environ 150 employés sont décédés depuis le début du litige. 

« Il y a eu de la souffrance parmi ces gens-là », regrette M. Bédard.