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Pandémie: des lenteurs, il y en a aussi à Québec

Le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda

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On parle beaucoup et avec raison de la lenteur du gouvernement Trudeau, actuellement.

Il tarde à se brancher quant à la manière – ou aux manières – de limiter que des voyageurs ramènent ici dans leurs bagages de nouveaux variants de la COVID.

Personnalisant le différend à l’excès, François Legault s’en est pris mardi nommément à «Justin Trudeau». «Je ne le comprends pas», a-t-il martelé.

Québec aussi

Difficile à comprendre en effet.

Mais il faudrait aussi qu’on s’arrête à la lenteur de Québec. Laquelle s’est révélée chez le directeur national de santé publique (DNSP) Horacio Arruda, le même jour.

À une question claire : en substance «Pourquoi Québec ne fait pas avec la loi québécoise sur la santé publique ce qu’on demande à Ottawa de faire avec la loi sur la quarantaine?» – c’est-à-dire forcer les voyageurs à s’isoler 14 jours –, M. Arruda a eu une réponse déconcertante.

«Faudrait que je consulte» les avocats, a-t-il répondu, comme s’il venait de découvrir cette avenue!

Si c’était en effet une découverte soudaine, n’est-ce pas décourageant? Le risque des voyages est soulevé depuis plus d’un mois. Comment le DNSP peut-il ne pas encore avoir été dûment informé sur les dimensions juridiques de la question?

M. Legault bluffait-il, la semaine dernière, lorsqu’il a déclaré que son gouvernement envisageait de se charger lui-même du problème?

En passant, Le Journal a sondé des constitutionnalistes et certains sont formels : si les règles québécoises visent des gens déjà sur le territoire, Québec peut agir.

Carences juridiques

Répétons : ce risque des voyages, on le connaît. La pandémie sévit depuis près de 11 mois et, dès le départ, le phénomène des voyageurs rentrant après la semaine de relâche a été pointé, par le gouvernement, comme une cause de l’introduction ici de ce satané virus.

Pourquoi, alors que, maintenant, des variants veulent compliquer, voire entraver la sortie de crise, nos autorités ne semblent pas davantage prêtes à gérer cette dimension?

M. Arruda n’en était pas mardi à un premier couac juridique.

Le 12 mai, il avait affirmé que d’obliger le port du masque en public soulevait «des enjeux avec la Charte des droits et libertés». Hypothèse nullement fondée, mais qui retarda l’application d’une mesure cruciale dans la lutte à la pandémie.

Qui conseille juridiquement notre DNSP? Ou alors serait-il inattentif à cette dimension, la négligerait-il?

Maroc

Parlant d’inattention, rappelons-nous qu’en mars 2020, lorsqu’il a commencé à gérer la pandémie (nous disant que tout irait bien et que la peur faisait faire des affaires qui n’avaient «aucun criss de bon sens»), M. Arruda rentrait du Maroc.

Ce qui n’a «aucun bon sens» en fait est que lui, le DNSP, à son retour, n’ait jamais fait de quarantaine...

Je veux bien que nos autorités, selon le cliché qu’elles aiment utiliser, prétendent «construire l’avion en plein vol». Je ne dirai certainement pas que leur tâche est simple.

Mais la métaphore est de moins en moins convenable. Et de plus en plus gênante. «L’avion en construction» aurait dû pouvoir se poser depuis longtemps! Devrait être pratiquement achevé.

Et ses passagers? Envoyés en quarantaine obligatoire. À leurs frais!