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Trop de fonctionnaires

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En matière de bureaucratie, le gouvernement du Québec donne son 100 % !

Quand on se compare aux autres populeuses provinces canadiennes comme l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta, c’est Québec qui « se paye » le plus gros appareil administratif. Et de loin !

Combien de fonctionnaires faudrait-il couper pour « rabaisser » la bureaucratie québécoise au niveau de ces autres provinces ? Rien de moins que 31 000, soit un peu plus du tiers des fonctionnaires en poste présentement dans le labyrinthe administratif de l’appareil gouvernemental.

Dans son mémoire prébudgétaire qu’elle vient de déposer au ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre de la consultation budgétaire, la Fédération canadienne des contribuables affirme en effet que le gouvernement du Québec compterait 31 000 employés de moins qu’aujourd’hui si son appareil administratif était similaire à celui des trois autres provinces populeuses.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

FACTURE DE 2 MILLIARDS $

Selon l’analyse des données recueillies par Statistique Canada, on retrouve au Québec 997 employés administratifs gouvernementaux pour chaque tranche de 100 000 citoyens québécois. On se paye par le fait même 365 fonctionnaires de plus par tranche de 100 000 habitants que dans les trois autres provinces, lesquelles affichent un nombre moyen de 632.

La bureaucratie gouvernementale compte au Québec 57,7 % plus de fonctionnaires que dans les trois autres principales provinces canadiennes.

« En ramenant la taille de l’appareil administratif québécois à la moyenne des autres provinces populeuses, les contribuables pourraient économiser 2 milliards de dollars par année », ajoute Renaud Brossard, le directeur (Québec) de la Fédération canadienne des contribuables.

UNE RÉMUNÉRATION À RÉVISER

Petit bémol. Comme le Québec est la seule province à percevoir ses impôts sur le revenu des particuliers et des corporations, et à forcer ses contribuables à produire une déclaration de revenus au provincial, il faut évidemment embaucher des fonctionnaires à cette fin.

Mais selon Renaud Brossard, le nombre de fonctionnaires alloués à Revenu Québec ne peut justifier qu’une portion de l’écart béant qui existe entre le nombre de fonctionnaires embauchés dans l’appareil administratif du gouvernement du Québec par rapport au nombre de fonctionnaires des gouvernements de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

Au risque de se faire beaucoup d’ennemis parmi les 550 500 syndiqués des secteurs public et parapublic québécois, la Fédération canadienne des contribuables (FCC) recommande également au gouvernement de François Legault de réduire de 15 % les dépenses de rémunération des employés de l’État. Sur des dépenses annuelles de 51 milliards $ en rémunération, la FCC estime possible d’épargner à ce chapitre quelque 7,6 milliards $, cela incluant les 2 milliards $ visés par la réduction ci-haut du nombre de fonctionnaires administratifs.

Selon la FCC, les employés de l’État « bénéficient de conditions de travail nettement plus avantageuses » que dans le secteur privé, contredisant par le fait même l’Institut de la statistique du Québec qui, dans son étude annuelle sur la rémunération gouvernementale, parle d’une parité entre les employés gouvernementaux et les travailleurs du secteur privé au Québec.

Le hic avec l’étude de l’Institut de la statistique : la comparaison de la rémunération des employés de l’État avec ceux du secteur public se limite aux entreprises de 200 employés et plus. C’est donc dire que l’Institut omet dans son étude annuelle les 44 % de travailleurs du secteur privé qui travaillent au sein d’entreprises de moins de 100 employés, lesquels gagnent une rémunération globale (salaires et avantages sociaux) nettement inférieure aux employés gouvernementaux.

ET LES ÉLUS... DANS LE TORDEUR

N’ayant aucunement peur de se faire des ennemis parmi les élus, la Fédération canadienne des contribuables propose même au gouvernement Legault de réduire l’indemnité de base des députés de l’Assemblée nationale de 15 %, la faisant ainsi passer de 95 704 $ à 81 349 $ par année. Et de diminuer de 20 % les indemnités additionnelles auxquelles ont droit les élus.

Aux yeux de Renaud Brossard, cela permettrait aux élus d’envoyer un message clair, tant à la population qu’aux employés gouvernementaux : les élus ne sont pas exclus des sacrifices financiers à faire en ces temps de difficultés économiques. 

PORTRAIT DE LA BUREAUCRATIE 

Nombre de fonctionnaires par 100 000 habitants  

  • Ontario 580  
  • Alberta 650  
  • Colombie-Britannique 664  
  • Québec 997