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Remplacement des hanches: victime du délestage à 14 ans

Le jeune Christophe Paré attend avec impatience une chirurgie

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Âgé de 14 ans, Christophe Paré est une des nombreuses victimes du délestage de chirurgies en raison de la COVID-19. Après presque un an d’attente, il ignore toujours quand il pourra subir l’opération pour le remplacement de ses hanches qui mettrait un terme à sa souffrance.

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La liste des Québécois qui doivent patienter dans l’espoir de passer sous le bistouri ne cesse de s’allonger, atteignant maintenant 140 000 personnes. 

Bien des citoyens sont inquiets du report de leur chirurgie. De nombreux aînés attendent notamment avec impatience une intervention de la cataracte, mais le délestage frappe aussi des jeunes de plein fouet.

Joueur de baseball et de basketball, Christophe Paré, de L’Assomption, est un grand gaillard de 6 pieds et 8 pouces qui a dû mettre de côté sa passion : le sport. Les cours d’éducation physique lui sont désormais interdits.

Malgré la maladie, le jeune Christophe Paré est sportif. On le voit ici en action lors d’une partie de baseball.
Photo courtoisie
Malgré la maladie, le jeune Christophe Paré est sportif. On le voit ici en action lors d’une partie de baseball.

La douleur est telle qu’il a maintenant de la difficulté à marcher.

Christophe est atteint de la maladie de Legg-Calvé-Perthes, une affection infantile qui s’attaque à son fémur et à ses hanches.

«Oui, il y a la pandémie, mais il y a aussi des victimes collatérales», lance l’adolescent, qui a accepté de raconter son histoire.  

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Christophe Paré et sa mère, la députée libérale Isabelle Melançon, sur QUB radio:    

Respectez les règles!

Christophe se dit bien conscient qu’il n’est pas une priorité, alors que la seconde vague de l’épidémie ne s’essouffle pas et fait mourir des personnes vulnérables.

C’est pourquoi il respecte les consignes sanitaires et invite tous les citoyens à faire de même, pour diminuer notamment la pression sur les hôpitaux. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

«Il ne faut pas être égoïste [...] Il faut respecter les règles!», insiste celui qui a senti le besoin d’écrire une lettre pour sensibiliser la population à l’attente intenable qui le ronge.

Juste une date...

Il rêve au moment où il pourra enfin se faire remplacer les deux hanches, une intervention chirurgicale d’un jour qui va changer sa vie et, surtout, mettre fin à ses douleurs qui le forcent à prendre des anti-inflammatoires à temps plein. 

«Juste une date [pour l’opération], ça me ferait vraiment plaisir, glisse-t-il, en entrevue. J’ai passé un grand moment de ma vie à avoir cette douleur-là [...], mais ça n’a jamais été aussi pire que c’est en ce moment.»

Même s’il n’était âgé que de deux ans et demi lorsqu’il a reçu le diagnostic de sa maladie, le jeune garçon est devenu un sportif talentueux. 

Impuissance et incertitude

Mais l’an dernier, l’état de ses hanches s’était à ce point dégradé que ses médecins n’ont eu d’autre choix que de l’inscrire sur la liste d’attente pour une arthroplastie.

«Le dernier spécialiste qu’on a vu, il pensait qu’on lui amenait un enfant en chaise roulante, il pensait que Christophe ne marchait plus, en voyant juste les radiographies», se remémore sa mère, la députée libérale Isabelle Melançon.

Le plus difficile pour une maman, c’est de se sentir impuissante face à la maladie de son enfant, dit-elle.

Sans parler de l’incertitude quant au moment où son fils pourra enfin se faire opérer des deux hanches.

«Ça fait mal dans le cœur quand on voit son enfant souffrir au quotidien. Quand ton garçon se lève et tu vois à quel point il est fatigué parce que la nuit, il n’est pas capable de récupérer parce que ça lui fait trop mal», raconte-t-elle. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Son fils est extrêmement limité dans ses activités, ce qui peut parfois être frustrant, surtout quand on est un adolescent de 14 ans.

«Il ne peut même pas venir avec nous autres prendre une marche pour aller prendre l’air, il n’est plus capable de marcher», se désole la députée de Verdun. 

Comme bien d’autres, Christophe Paré et sa famille doivent prendre leur mal en patience. 

Une douleur atroce  

«Ce qui me fâche le plus, c’est que je ne puisse plus faire de sport, même aller avec mes amis dans les récréations jouer à n’importe quel sport, juste pour le plaisir, je ne peux plus, ça me fait vraiment mal.»

– Christophe Paré

«Ça fait mal dans le cœur quand on voit son enfant souffrir au quotidien. Quand ton garçon se lève et tu vois à quel point il est fatigué parce que la nuit, il n’est pas capable de récupérer parce que ça lui fait trop mal.»

– Isabelle Melançon, mère de Christophe et députée libérale

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