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Ne réveillez pas l’ours qui dort

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Photo Ben Pelosse Bougie d’allumage du Canadien depuis le début de la saison, Tyler Toffoli a encore fait bouger les cordages, hier.

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Carey Price a fait le travail pendant que ses coéquipiers cherchaient leurs jambes et leurs repères dans les premières minutes de l’affrontement qui les opposait aux Flames de Calgary, hier soir.

Les hommes de Claude Julien avaient les pieds lourds. Ils avaient du mal à suivre le rythme. Ils étaient débordés par les gros attaquants des Flames, qui faisaient sentir leur présence le long des rampes et devant le filet.

Les Flames ont dicté le jeu jusqu’à ce qu’ils écopent d’une bête pénalité pour avoir eu trop de joueurs sur la glace pendant la 12e minute de la première période.

Un peu plus d’une minute plus tard, l’attaque massive du Tricolore frappait avec le troisième but de la saison de Brendan Gallagher.

  • Écoutez la chronique de Jean-Charles Lajoie au micro de Benoît Dutrizac sur QUB radio:

Les Flames venaient de réveiller l’ours qui dormait. Moins de six minutes plus tard, Shea Weber en rajoutait pendant une seconde supériorité numérique en tirant un missile à travers le gardien David Rittich.

Les Flames ne s’en sont pas remis. Ils ont baissé les bras et le Canadien n’a plus vraiment été inquiété du reste de la soirée.

Il a dû y avoir des explosions de joie dans les salons du Québec.

Heureux problème pour Julien

On va arrêter de dire que la saison est jeune. Le Canadien forme une vraie équipe de hockey.

Josh Anderson, Tyler Toffoli, Joel Edmundson et même le jeune Alexander Romanov ont changé le visage de cette équipe.

Et que pensez-vous de Corey Perry ?

Claude Julien aura un heureux problème sur les bras lorsque Joel Armia sera en mesure de revenir au jeu.

Il y a aussi Michael Frolik qui doit trouver le temps long.

Mais on le sait, les blessures risquent toujours de venir tout chambouler. Surtout en cette saison où les matchs arrivent plus rapidement que les tempêtes de neige.

Drouin produit

Parlons maintenant de Jonathan Drouin.

Il n’a pas et n’aura peut-être jamais l’âme d’un meneur. Mais il joue maintenant avec des joueurs capables de produire et de le faire produire.

Mine de rien, Drouin totalise huit points en sept matchs. Le jeu robuste n’est pas sa tasse de thé. C’est un joueur foncièrement offensif qui a besoin d’être bien encadré pour récolter des points.

Il sera probablement toujours le joueur que l’on voit, un joueur qui a son utilité lorsqu’employé dans des conditions qui l’avantagent.

Il ne fera peut-être jamais l’unanimité auprès des amateurs, mais c’est là le lot des joueurs de chez nous qui endossent le chandail bleu, blanc, rouge.

On leur trouve toujours des défauts, mais ce n’est pas le temps de chialer.

La belle tenue du Canadien est un baume en ces temps de confinement. Comme vous sans doute, le Tricolore me fait passer de belles soirées devant mon téléviseur.

Pour la première fois depuis que René Lévesque et Pierre Elliott Trudeau étaient premiers ministres, je n’étais pas sur place pour le match d’ouverture locale, hier soir. 

Vous pouvez le dire, les jeunes, je me fais vieux. Mais j’ai encore toute ma tête.

Ma première rencontre inaugurale du Tricolore, à titre de journaliste, remonte à 1983. Un gros mandat attendait Serge Savard, qui en était à sa première saison au poste de directeur général de l’équipe.

Le Canadien avait été éliminé en première ronde des séries trois années de suite sous la gouverne de son prédécesseur Irving Grundman. Les Nordiques gagnaient en popularité avec leur formation composée majoritairement de joueurs québécois.

Savard avait créé une première version du Panier Bleu en faisant le plein de joueurs de chez nous.

Ce fut le début d’une grande aventure. Mes fonctions m’ont amené à couvrir, année après année, les rencontres d’ouverture à domicile du Canadien, à une exception près.

En 2004, un deuxième lock-out décrété par Gary Bettman a conduit à l’annulation de la saison.

Molson interdit dans le vestiaire

C’était la toute première fois depuis sa fondation, en 1909, que le Canadien disputait un match à domicile devant des gradins vides, hier soir.

Le protocole de mesures sanitaires élaboré par la LNH et ses équipes ne donne accès aussi qu’à un nombre limité de personnes dans l’édifice.

Les allées du Centre Bell, totalement désertes, pour le premier match du Canadien à domicile.
Photo Ben Pelosse
Les allées du Centre Bell, totalement désertes, pour le premier match du Canadien à domicile.

L’étage des vestiaires est réservé aux joueurs, aux entraîneurs, aux directeurs généraux et aux membres des opérations hockey du Canadien et des équipes visiteuses.

Bergevin et ses lieutenants sont néanmoins tenus de limiter leurs contacts avec Claude Julien, ses adjoints et les joueurs. Ça s’applique autant aux formations adverses.

Quant à Geoff Molson, son rôle de propriétaire ne lui confère aucun privilège autre que de suivre les matchs de sa loge. 

Il n’a pas le droit d’aller dans le vestiaire de son équipe ni de se promener dans les environs. Il en est de même pour tous ses homologues dans la ligue.

Le proprio ne cache pas qu’il trouve ça dur, lui qui aime bien jaser avec ses joueurs et échanger avec ses gens de hockey. Mais c’est le règlement et il s’y conforme.

Les règles sont aussi strictes pour les médias. Les quotidiens et les médias électroniques ont chacun droit à deux journalistes, à un ou une photographe pour les journaux et à un cameraman pour les stations de télévision.

Dans les consignes du respect des mesures sanitaires, le matériel des membres des médias était passé au peigne fin à l’entrée du Centre Bell.
Photo Ben Pelosse
Dans les consignes du respect des mesures sanitaires, le matériel des membres des médias était passé au peigne fin à l’entrée du Centre Bell.

Les télédiffuseurs ne sont pas assujettis aux mêmes restrictions, étant donné le grand nombre de personnes que ce travail demande.