/investigations
Navigation

La Barbade quittera bientôt le royaume

Coup d'oeil sur cet article

La petite île de la Barbade, dans les Antilles, tirera un trait sur la monarchie britannique pour devenir une république d’ici le 30 novembre, date du 55e anniversaire de son indépendance.

• Consultez notre dossier: Être sujets britanniques vous coûte une fortune

« Il est temps de faire une croix sur notre passé colonial. C’est une déclaration ultime de confiance en notre identité nationale », a déclaré la gouverneure générale barbadienne, Sandra Mason, dans son discours du trône, le 15 septembre dernier.

« Les Barbadiens veulent un chef d’État barbadien. C’est l’ultime preuve de confiance en qui nous sommes et en ce que nous sommes capables d’accomplir », a-t-elle ajouté.

Écoutez le journaliste du bureau d’enquête Jules Richer ici

Autrefois plaque tournante du trafic d’esclaves et de sucre au profit de l’Empire britannique, la Barbade a déclaré son indépendance en 1966. La reine est cependant restée son chef d’État et y est représentée par un gouverneur général, tout comme au Canada.

En 1998, une commission de révision de la Constitution a recommandé que cette petite île de 285 000 habitants devienne une république. Deux gouvernements ont ensuite tenté d’organiser un référendum à cet effet en 2005 et en 2015, mais n’y sont pas parvenus, par manque de fonds.

Référendum pas nécessaire

Un tel vote n’est cependant pas obligatoire puisque la constitution de la Barbade permet de changer de statut avec l’accord des deux tiers des deux chambres du Parlement.

La plupart des ex-colonies britanniques sont devenues des républiques en modifiant tout simplement leur constitution, comme l’île Maurice, la dernière à avoir éjecté la reine, en 1992.

La constitution canadienne n’exige pas non plus un référendum. Par contre, elle exige l’accord unanime de toutes les provinces, non seulement sur le nouveau statut à adopter, mais aussi sur la façon de choisir le chef d’État.

Se lancer dans de telles négociations constitutionnelles reviendrait à ouvrir une véritable « boîte de pandore », prévient le constitutionnaliste Patrick Taillon. Comme plusieurs juristes marqués par l’échec de l’accord du lac Meech, le professeur à l’Université Laval entrevoit inévitablement un échec.

Le choix du peuple

Mais selon l’organisation Citoyens pour une république canadienne, si le choix du chef d’État était délégué aux provinces, celles-ci pourraient trouver l’idée de la république « très attrayante ».

C’est l’option avancée par plusieurs constitutionnalistes australiens qui recommandent que les États et territoires nomment chacun un candidat apolitique, puis que la population vote pour choisir l’un des candidats. Celui-ci deviendrait le représentant du peuple plutôt que celui de la reine.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.