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Laissez le couvre-feu

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Le gouvernement québécois s’apprête à assouplir les restrictions sanitaires dans certaines régions. Cette décision s’impose dans la mesure où le nombre quotidien de nouveaux cas de COVID-19 se tient entre 0 et 5 dans ces régions. La mesure n’y est plus justifiée depuis déjà quelque temps.

Nous pourrions applaudir la patience notamment des gens de la Côte-Nord qui ont enduré les mesures par solidarité avec le reste du Québec. Chez eux, il y avait parfois un cas, mais souvent zéro. Comment justifier aux commerçants et restaurateurs qu’ils doivent rester fermés dans un tel contexte ?

Dans le processus de réouverture et de redémarrage des activités, je ferais néanmoins une suggestion au gouvernement : laissez le couvre-feu partout. On ouvre les restaurants et les commerces, on reprend certaines activités sportives, surtout pour les jeunes, mais à huit heures, on rentre à la maison.

Efficace

Pourquoi ? Parce que, selon moi, le couvre-feu donne des résultats. Quoi qu’en disent les politiciens-humoristes qui affirment que tout relève de la « science », la réalité est que la réduction des contacts humains n’est pas une science exacte. 

Nous savons qu’il faut réduire les contacts pour freiner la diffusion d’une maladie contagieuse. Mais qui peut deviner le comportement humain en réaction à des mesures gouvernementales jamais expérimentées dans l’Histoire ?

Dans l’exercice des essais et erreurs des derniers mois, il appert que le couvre-feu a pu casser la courbe des cas comme rien auparavant. Cela s’explique. Dans un restaurant ou un commerce, il existe toujours un risque de transmission, mais les mesures strictes réduisent ce risque au minimum. 

Cependant, la baisse des cas depuis le couvre-feu semble indiquer que beaucoup de déplacements en soirée menaient à des rassemblements illégaux. Réunions d’amis, de familles, qui sont normales en temps ordinaire, mais qui sont les plus risquées en temps de pandémie. On prend un verre, on oublie la distance, on taponne le même bol de chips, chacun avec le masque dans la poche du manteau.

L’économie

La reprise des activités commerciales et de la restauration aide l’économie. Combinée avec la reprise de certains sports, elle pourra aider la santé mentale des gens qui s’ennuient. 

La pandémie n’est pas terminée. Il y a moins de cas actifs qu’il y a deux semaines, mais nous en comptons quand même des milliers. La reprise des activités sera une bénédiction pour les régions visées et la dernière chose que les résidents voudront vivre, c’est un retour forcé au confinement.

La présence des variants, qui constituent la nouvelle menace, représente un danger supplémentaire. L’exemple du Portugal devrait nous faire réfléchir. Ce pays avait évité le pire dans la deuxième vague, mais le variant britannique l’a terrassé et a obligé les autorités à tout fermer en deux semaines.

Voilà mon approche : un peu plus agressif pour ouvrir des commerces, des gyms et des restos dans un maximum de régions. Et le couvre-feu comme écran de protection.