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Monarchie: l’Australie voudrait une autre chance de s’en débarrasser

Au moins 60% des citoyens aimeraient que leur pays devienne une république

En 1999, les partisans australiens de la monarchie avaient raison de célébrer, alors que la fondation d’une république avait été rejetée par 55 % de la population. Deux décennies plus tard, l’opinion publique penche plutôt contre la monarchie.
Photo d'archives En 1999, les partisans australiens de la monarchie avaient raison de célébrer, alors que la fondation d’une république avait été rejetée par 55 % de la population. Deux décennies plus tard, l’opinion publique penche plutôt contre la monarchie.

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Pendant que sa représentante au Canada est forcée de s’éjecter après avoir transformé son palais en maison des horreurs, la reine Élisabeth II est dans ses petits souliers en Australie, où plus de 60 % de ses sujets veulent l’envoyer aux oubliettes.

• Consultez notre dossier: Être sujets britanniques vous coûte une fortune

C’est que les Australiens ont découvert ces derniers mois que le palais de Buckingham a joué un rôle dans le limogeage de leur premier ministre en 1975, le remplaçant unilatéralement par le chef de l’opposition.

Écoutez le journaliste du bureau d’enquête Jules Richer ici

Longue bataille

Les détails de l’affaire sont sortis au grand jour l’été dernier grâce à une historienne qui s’est battue pendant 10 ans pour obtenir des lettres échangées entre le secrétaire particulier de la reine et le gouverneur général de l’époque, John Kerr.

« Je vais être honnête. J’ai ressenti une colère profonde en lisant cela. J’ai ressenti un affront à ma démocratie », a écrit la correspondante politique du quotidien britannique The Guardian en Australie, Katharine Murphy.

Indépendance et égalité

Il n’en fallait pas plus pour raviver la fibre antimonarchiste locale. L’avocat Greg Barns, ex-président du Mouvement républicain australien, a repris la plume pour appeler à la fondation d’une république véritablement indépendante.

« L’existence même des monarchies est contraire à la démocratie et à la notion d’égalité, martèle-t-il en entretien au Journal. Pensez-vous vraiment qu’au 21e siècle il est acceptable que votre chef d’État soit une reine d’un autre pays qui n’occupe cette fonction qu’en raison d’un accident de naissance ? » 

L’ancien conseiller politique a joué un rôle clef dans le référendum pour la fondation d’une république d’Australie en 1999. L’option rejetée par 55 % des votants à l’époque est maintenant appuyée par plus de 60 % des Australiens, d’après les plus récents sondages.

Me Barns, qui est venu plus d’une fois au Canada plaider pour le divorce monarchique, estime qu’il faudra un peu de patience pour qu’autant de Canadiens soient du même avis, car ils restent plus attachés aux traditions britanniques que les Australiens.

Comme le hockey

D’après la Ligue monarchiste du Canada, la couronne britannique est « une institution qui est aussi canadienne que le hockey », « une partie essentielle de notre identité nationale depuis la Confédération », qui « fait en sorte que le Canada est unique dans tout l’Hémisphère ».

Mais pour Me Barns, il n’y a rien de plus humiliant que de ne pas pouvoir dire à ses enfants qu’ils peuvent accéder à toutes les fonctions de leur pays, y compris celle de chef d’État. 

La reine en mène moins large  

Le Commonwealth compte 54 états membres. Presque tous sont d’anciens territoires de l’Empire britannique. La majorité (32) n’ont plus la reine d’Angleterre comme chef d’État, dont :  

  • L’Inde  
  • L’Afrique du Sud  
  • Le Bangladesh  
  • Le Kenya  
  • Le Pakistan  
  • Le Rwanda    

Élisabeth II demeure le chef d’État de 16 membres du Commonwealth, dont :   

  • Le Canada  
  • L’Australie  
  • La Nouvelle Zélande  
  • Les Bahamas  
  • La Papouasie–Nouvelle-Guinée  
  • Sainte-Lucie  
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