/misc
Navigation

Nous ne manquerons pas de rhum

Les nouvelles restrictions représentent un nouveau problème pour nos agriculteurs

Coup d'oeil sur cet article

Ottawa s’est finalement décidé à imposer de nouvelles restrictions pour les voyageurs qui arrivent de l’étranger, enfin. Et les vols provenant des Caraïbes sont maintenant interdits. Il était temps qu’Ottawa se branche.

En revanche, ces nouvelles restrictions représentent un nouveau problème pour nos agriculteurs. Nous embauchons généralement environ 15 000 travailleurs saisonniers des Caraïbes chaque année pour aider les agriculteurs. C’est pratiquement 30% de la main-d'œuvre dont nous avons besoin pour nos agriculteurs. Espérons que les nouvelles restrictions n'auront aucun impact sur le rappel de ces travailleurs chez nous.

Le fait que la nouvelle tombe au début de l’hiver aidera le secteur agricole. Les premiers travailleurs arrivent normalement fin mars, début avril. Contrairement à l’année dernière, les producteurs agricoles ont amplement le temps d’organiser et de planifier les vols nécessaires, les tests ainsi que la période de confinement pour les travailleurs qui viennent chez nous. Ces travailleurs sont essentiels au secteur agricole, qu'on le veuille ou non.

Mais les agriculteurs pourraient aussi reconsidérer le recrutement de Canadiens. Bien que ce fut difficile l’an dernier, les possibilités d’engager des gens de chez nous ont peut-être changé depuis 10 mois. Les conditions du marché du travail ici sont bien différentes et il y en a plusieurs maintenant qui ont besoin de travailler, point. Puisqu’Ottawa a moins les moyens d’être aussi généreux qu’en mars et avril 2020, il est possible que certains citadins seraient intéressés à un changement de style de vie, en campagne. L'arrivée de ces nouvelles restrictions représente peut-être un moment opportun pour le secteur d’y aller avec une deuxième campagne de recrutement. Pourquoi pas.

Pour le commerce agroalimentaire, nous pouvons dormir tranquilles. Les Caraïbes sont de grands fournisseurs de fruits tropicaux, de café, de rhum et autres produits spécialisés. Nous importons de cette région pour environ 200 millions de dollars de produits alimentaires par année. Au début, les changements amenés par Ottawa pourraient perturber certains plans logistiques pour certains importateurs. Mais rien ne suppose que le commerce alimentaire international sera interrompu de sitôt puisque nos gouvernements nord-américains ont fait preuve de discernement depuis le début de la pandémie. Alors, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.