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Des Canadiens ont-ils participé à l’invasion du Capitole?

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Photo AFP Le drapeau du Canada flottait parmi les manifestants qui ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis le 6 janvier dernier.

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Le FBI mène une des plus vastes enquêtes de son histoire pour retrouver des individus impliqués dans l’attaque contre le Capitole des États-Unis le 6 janvier dernier.

Jusqu’ici, 166 d’entre eux ont été arrêtés et inculpés, plus de 400 autres suspects sont activement recherchés. Et la liste va encore s’allonger. 

Les enquêteurs analysent des centaines de milliers de photos et de vidéos qui ont été captées de l’événement et utilisent des logiciels de reconnaissance faciale afin de les retrouver dans leurs bases de données et parmi les milliards de photos disponibles sur internet.

L’unifolié entouré de drapeaux à l’honneur de Trump

Le drapeau du Canada flottait parmi les manifestants qui ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis le 6 janvier dernier.
Photo courtoisie, twitter / Anti-Hate Network
Le drapeau du Canada flottait parmi les manifestants qui ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis le 6 janvier dernier.

Des images mises en ligne montrent des participants aux troubles de Washington brandissant fièrement le drapeau canadien. 

Des formations d’extrême droite armées américaines comme les Proud Boys, les Oath Keepers et les Three Percenters, qui ont participé à l’insurrection, ont des filiales canadiennes.

Y avait-il une délégation canadienne qui s’était jointe à un de ces groupes américains ? C’est ce que cherche à savoir le Réseau canadien anti-haine. 

Son porte-parole, Sébastien Roback, nous a dit que l’organisme concentre ses recherches sur trois individus qui ont porté, chacun à son tour, le drapeau unifolié, et demande l’appui des Canadiens pour les identifier.

Mutisme à la GRC quant à sa participation à l’enquête

Le Réseau canadien anti-haine demande l’aide du public afin d’identifier ces trois personnes qui ont porté l’unifolié pendant la manifestation.
Photo courtoisie, twitter / Anti-Hate Network
Le Réseau canadien anti-haine demande l’aide du public afin d’identifier ces trois personnes qui ont porté l’unifolié pendant la manifestation.

De son côté, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est plutôt circonspecte au sujet de la participation de Canadiens à l’invasion du Congrès. 

Interrogée à ce sujet, sa porte-parole, la caporale Caroline Duval, a déclaré qu’elle « ne fera aucun commentaire sur ces allégations » tout en rappelant que la gendarmerie collabore étroitement et de façon continue avec la sûreté fédérale américaine.

Elle encourage les personnes qui pensent détenir des informations pertinentes sur ces événements à contacter le FBI et ajoute que les « Canadiens peuvent signaler ce qu’ils croient être une activité suspecte à leur service de police local ou à la GRC ».

L’Armée canadienne infiltrée par l’extrême droite ?

Parmi les participants à l’insurrection, jusqu’ici mis en accusation par le FBI, figurent une quinzaine de membres et d’ex-membres des Forces armées américaines.

Qu’en est-il des Forces armées canadiennes (FAC) ? Sont-elles aussi infiltrées par des extrémistes de droite ? 

Un porte-parole militaire, le lieutenant Jean Doyon, nous a donné accès à un rapport de la Section des renseignements criminels de la police militaire du 29 novembre 2018 intitulé Suprématie blanche, groupes haineux et racisme dans les Forces armées canadiennes.

La police militaire écrit que les groupes paramilitaires d’extrême droite considèrent les membres des Forces armées comme de précieuses recrues à cause de leurs entraînements au maniement des armes et de leur connaissance des techniques de combat.

Le document indique qu’entre 2013 et 2018, 16 membres actifs et réservistes des Forces armées, impliqués dans 31 incidents haineux, avaient des liens avec des groupes radicaux de droite, dont La Meute et les Proud Boys. 

Durant cette même période, 37 militaires ont tenu des propos racialement méprisants ou discriminatoires qui ont été rapportés à leurs supérieurs. Les Forces armées soulignent que cela ne représente que 0,1 % de l’effectif. La police militaire ne considère donc pas que les groupes haineux constituent une menace importante pour les FAC à l’heure actuelle.

Le rapport note cependant que ces groupes radicaux opèrent souvent dans le secret et que la position ferme du commandement contre de tels agissements amène sans doute les militaires qui leur sont affiliés à dissimuler leur participation.

Au sujet de La Meute, les services de renseignement militaires écrivent que ses créateurs sont d’anciens membres des Forces armées.