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COVID-19: gare aux fraudes alimentaires

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Photo Adobe Stock En Europe, selon un nouveau rapport, les cas de falsification alimentaire ont augmenté de 30 % et les incidents de contrefaçon, de 47 % depuis le début de la pandémie. Même si aucun cas n’a été rapporté au Canada, nous ne sommes jamais à l’abri.

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Avec la COVID-19, le commerce électronique prend de plus en plus de place, et les campagnes de promotion pour vendre des produits alimentaires sur les réseaux sociaux, au rabais bien sûr, affluent. Aux États-Unis et en Europe, il y a déjà eu des cas de fraude alimentaire. D’ailleurs, selon un rapport publié cette semaine en Europe, les cas de falsification alimentaire ont augmenté de 30 % et les incidents de contrefaçon, de 47 % depuis le début de la pandémie. Aucun cas n’a été rapporté au Canada jusqu’à maintenant, mais nous ne sommes pas non plus à l’abri de ces histoires. Les produits expédiés chez certains consommateurs étaient de piètre qualité ou n’étaient pas du tout ce qu’ils avaient commandé.

La Food Standards Agency (FSA) en Angleterre vient tout juste de publier un avis concernant la provenance et salubrité de la viande vendue sur Facebook. Il semble que certaines viandes proviendraient d’une entreprise non enregistrée et non agréée. L’agence pense aussi que ces produits ont été volés. Le vol dans le secteur agroalimentaire existe à travers le monde, y compris au Canada. En moyenne au pays, un supermarché peut se faire voler pour plus de 2 500 dollars de produits alimentaires par semaine. Ces produits peuvent se retrouver un peu partout sur le marché. Le blanchiment de produits alimentaires est une réalité qui échappe la plupart du temps à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et aux inspecteurs provinciaux. Le virtuel est un autre monde, surtout pour le domaine alimentaire.

Nonobstant les vols et la contrebande, certaines entreprises – pas toutes, mais certaines – subissent de la pression additionnelle depuis le début de la pandémie. Ainsi, certaines sont réellement tentées de réduire les coûts des ingrédients et des intrants pour éviter de licencier du personnel. Ce sont de telles conditions qui, selon les criminologues, pourraient inciter des individus qui jadis étaient honnêtes à se comporter de manière déloyale. Une fois que ces derniers ont franchi cette première étape, normaliser la fraude alimentaire est un comportement que l’on observe souvent.

De plus, selon certaines sources, des inspections et des vérifications ont été temporairement suspendues au début de la pandémie, ce qui aurait pu miner les systèmes de surveillance et de conformité de l’industrie agroalimentaire au Canada. Rien n’est certain, mais comment peut-on vraiment le savoir si l’ACIA n’effectue aucune vérification? Du moins, cela devient difficile si elle n’en fait pas autant que la FSA en Europe.

Les ventes alimentaires en ligne ont plus que triplé depuis le début de la pandémie au Canada. Il est clair que le commerce électronique donnera des maux de tête à nos régulateurs publics. S’il est difficile de forcer certaines entreprises qui exercent leurs activités dans l’obscurité comme Netflix à payer des impôts, imaginez à quel point il devient compliqué de surveiller et de réglementer les produits alimentaires vendus sur Internet.

La grande majorité des entreprises dans le domaine agroalimentaire au Canada font un excellent travail pour vendre des produits de qualité. Mais la pandémie a amené son lot incroyable de changements et de confusion. Certains ont de la difficulté à rejoindre les deux bouts, alors une aubaine sur Facebook ou d’autres réseaux sociaux pourrait être tentante.

Il n’est pas évident d’assurer la qualité et la surveillance des produits lorsque ceux-ci sont vendus en ligne, autant pour les régulateurs que pour les consommateurs. Il faut donc demeurer vigilant. Alors, si vous voyez de la bouffe vendue sur Facebook par une entreprise douteuse dont le retraçage est impossible, méfiez-vous.