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Port du masque: des spécialistes de la petite enfance sonnent l’alarme

Le port du masque par les travailleurs se fait sentir chez les tout petits

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Plus de 200 spécialistes de la petite enfance pressent le gouvernement Legault d’agir en fournissant rapidement des masques à fenêtre transparente aux intervenants en milieux de garde.

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Dans une lettre ouverte, envoyée lundi au premier ministre François Legault, au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, ainsi qu’au directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, des psychologues, neuropsychologues, orthophonistes, directeurs de centre de la petite enfance et chercheurs, sonnent l’alarme.

«C’est une urgence. Ça va faire un an que la pandémie est là et les enfants en bas âge sont probablement les plus grands perdants. C’est sérieux, on parle de développement, qui doit constamment être en croissance et ce n’est pas le cas actuellement», déplore l’instigatrice de la lettre, Sophy Forget-Bélec, éducatrice et présidente de l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés.

«Chaque jour qui passe, la liste pour consulter un orthophoniste s’allonge. Et, elle est déjà longue», ajoute-t-elle.

  • Écoutez l'entrevue avec Sophy Forget-Bélec, éducatrice et présidente de l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés sur QUB radio

Déjà des retards

«Déjà, les éducatrices en services de garde rapportent observer des différences avec les années précédentes au regard de l’évolution et du développement de l’enfant», peut-on lire, alors que des retards de langage ont déjà été rapportés par plusieurs éducatrices, indique-t-on.

Le port du masque par les éducateurs et éducatrices en garderie a des conséquences néfastes sur le développement et l’apprentissage des enfants en bas âge, rapportent les spécialistes.

Le fait que les enfants soient privés de la lecture labiale et de l’expression faciale notamment, aura des impacts « désastreux », particulièrement chez les enfants de 18 mois à 5 ans.

Le Journal s’était d’ailleurs penché sur la question en novembre dernier, alors que des pédiatres s’opposaient au port du masque en milieux de garde, pour ces mêmes raisons.

Bien qu’une entreprise québécoise soit maintenant en mesure de fabriquer des masques à fenêtre transparente à usage unique, tel qu’exigé par les autorités sanitaires, son approvisionnement reste difficile, rappellent les signataires.

De plus, ces masques sont «trop dispendieux» pour que les propriétaires de garderies puissent en acheter en nombre suffisant, affirme Mme Forget-Bélec.

Couvre-visage

Le regroupement demande donc au gouvernement d’autoriser le port du couvre-visage à fenêtre transparente en milieu de garde, le plus rapidement possible.

«Sans une telle autorisation, il est inévitable qu’à long terme les conséquences exigeront des coûts encore plus importants pour pallier les effets néfastes chez les enfants grandissants», concluent les experts.