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La santé mentale, parent pauvre du système

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« Prends soin de toi », cette publicité du gouvernement du Québec montrant une jeune femme terminer une conférence vidéo en disant à tous ses contacts de prendre soin d’eux pour ensuite réaliser qu’elle doit prendre soin d’elle également était particulièrement réussie.

On a presque cru que le gouvernement s’intéressait aux enjeux de santé mentale, jusqu’à ce qu’on apprenne que le Centre d’excellence en santé mentale sera intégré au ministère de la Santé.

Intégration ou abolition ?

La nouvelle de l’intégration du centre arrive en pleine Semaine de la prévention du suicide. Quel drôle de moment pour diminuer les efforts consacrés au développement d’expertise dans un domaine aussi affecté depuis le début de la pandémie ! N’était-ce pas suffisant d’avoir « abaissé » la santé mentale dans l’organigramme du ministère en 2019 ?

Surtout que lorsque la nouvelle est sortie, on parlait d’abolir le centre plutôt que de l’intégrer dans le ministère.

Même si le ministre Carmant assure que les experts poursuivront leur mission au sein du ministère et que sa décision est motivée par une volonté de centraliser l’expertise, disons que tout ce brassage de cartes sent mauvais.

Perdue dans la masse

Les problèmes de santé mentale sont complexes, peuvent survenir à tout moment dans la vie de chacun d’entre nous et sont intimement liés à toutes les sphères de notre vie personnelle comme professionnelle.

L’idée de faire travailler les experts dans une même structure semble intéressante au premier abord, mais si ce déplacement de l’expertise vient diluer les efforts, précariser la pérennité des programmes et mettre en péril l’équilibre de l’équipe professionnelle du Centre d’expertise, à quoi bon ?

Est-ce que la décision du ministre est basée sur un calcul visant à économiser des sommes ? On dirait surtout qu’on veut fermer doucement le centre en préservant les emplois jusqu’à ce que les professionnels soient réaffectés à d’autres tâches.