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Allégations de nature sexuelle: Michel Venne s’est senti «visé»

L'accusé Michel Venne
Photo Stevens LeBlanc L'accusé Michel Venne

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Six ans après les faits qui lui sont reprochés, Michel Venne s'est immédiatement senti visé lorsqu'il a entendu une ancienne stagiaire qu’il a côtoyée alléguer avoir déjà été victime de harcèlement sexuel, même si elle ne l'avait jamais nommé.

Le procureur aux poursuites criminelles, Me Michel Bérubé, a poursuivi et complété, mercredi, le contre-interrogatoire de l’homme de 60 ans, ancien journaliste et éditorialiste du Devoir. 

L’homme est accusé d’exploitation et d’agression sexuelle à l’égard d’une jeune femme qui avait 17 ans au moment des gestes allégués et qui travaillait comme stagiaire, en 2008, à l’Institut du Nouveau Monde.  

Rapidement, le poursuivant est revenu sur un blogue publié par la plaignante et une entrevue qu’elle a accordée en 2014, dans laquelle elle mentionnait avoir déjà subi «du harcèlement sexuel», notamment dans un taxi, de la part «d’un homme dans la cinquantaine» alors qu’elle «était mineure» et qu’elle occupait un emploi «dans une organisation» avec laquelle elle était impliquée.   

«Une collègue m’a signalé l’existence du blogue et attiré mon attention sur l’entrevue. Elle a aussi dit qu’une journaliste avait posé des questions et tenté de savoir s’il s’agissait de moi», a répondu Michel Venne en ajoutant qu’il avait choisi de demeurer discret puisqu’aucun nom n’avait été mentionné et qu’il pouvait s’agir «de quelqu’un d’autre». 

Rumeurs et mensonges

Il a également témoigné qu’il «se souvenait d’une course en taxi» effectuée à Québec avec sa conjointe, en 2008, et dans lequel la plaignante prenait place, mais que ces souvenirs ne lui permettaient pas de comprendre pourquoi, six ans plus tard, «elle écrivait des mensonges».  

À l’automne 2015, alors que Michel Venne tentait d’accéder à la direction du journal Le Devoir, les rumeurs «se sont amplifiées. C’est à ce moment que «le président du conseil d’administration» du journal lui aurait suggéré «d’élargir ses horizons» en demandant conseil à l’ancienne ministre de la Condition féminine, Lise Payette.  

«En la contactant, j’attendais d’elle des idées ou une piste pour savoir comment faire taire la rumeur pour que celle-ci ne ruine pas ma carrière et me suive le restant de mes jours», a-t-il mentionné.  

Entrave

«Mme Payette, que vous ne connaissez pas, qui n’est pas votre amie, se donne le mal de communiquer avec la jeune fille, de la faire venir chez elle, d’aborder le sujet des allégations vous concernant, de parler de l’impact de votre comportement sur votre famille, sur votre couple...», a énuméré le poursuivant. 

«Elle fait une démarche qui s’apparente à de l’entrave à la justice... Tout ça, sans que vous ne lui ayez rien demandé?», a-t-il alors questionné, ce à quoi l’accusé a répondu qu’il «n’allait pas voir Mme Payette pour qu’elle intercède auprès de la jeune femme», mais bien pour qu’elle l’aide «à clarifier la situation».  

Le procès a été ajourné et les plaidoiries auront lieu vendredi.