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Impeachment: la stratégie de défense de Trump

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Dans leur réponse formelle à l’accusation d’«incitation à l’insurrection» contre Trump, la nouvelle équipe d’avocats de Trump adopte une stratégie à deux volets. 

Ils affirment d’abord que le procès sénatorial est inconstitutionnel et que les déclarations (mensongères) de Trump sur le résultat des élections sont protégées par l’amendement de la constitution américaine sur la liberté d’expression. 

Ils soutiennent également que ses paroles ne sont pas à l’origine de l’émeute meurtrière au Capitole.

Le premier groupe d’avocats de Trump a démissionné parce qu’ils n’étaient pas disposés à réciter le mensonge de la fraude électorale. Sa nouvelle équipe le fait, mais très indirectement en invoquant la liberté d’expression. Tout avocat qui soutiendrait l’histoire de fraude électorale de Trump devant le Congrès risquerait la radiation du barreau.

Ça risque de se transformer en cirque

Ses nouveaux avocats, David Schoen et Bruce Castor ne sont pas des spécialistes du droit constitutionnel. Mais ça n’a pas d’importance. Le procès n’a pratiquement aucune chance de se terminer par une condamnation. 

Une chose est certaine cependant, les procédures au Sénat risquent de se transformer en cirque et perturber le retour à la normale de la vie politique à Washington.

Les démocrates ont l’intention de montrer des vidéos de l’insurrection où des participants utilisent les mêmes mots que Trump dans son discours qui a précédé les troubles. 

L’équipe de Trump va contrer en appelant des témoins qui montreront que la prise d’assaut du Capitole a été planifiée et coordonnée à l’avance à son insu. Ce qui va enrager encore plus ses partisans qui reprochent à Trump de les avoir laissés tomber après les avoir incités à interrompre la session du Congrès qui avalisait l’élection de Biden.

Le précédent du Ku Klux Klan

Pour appuyer leur affirmation que le langage de Trump ne constituait pas une incitation à la violence, ses avocats auraient l’intention de citer un jugement historique de la Cour suprême des États-Unis concernant une poursuite contre un dirigeant du Ku Klux Klan pour un discours prônant la violence contre les Noirs et les Juifs. 

Dans cette décision de 1969, la Haute Cour a statué que le discours, même s’il préconisait une conduite illégale, était protégé par le premier amendement de la constitution.

Il faut souligner que les deux avocats de Trump ne sont pas étrangers aux litiges juridiques controversés où des personnalités criminelles de haut niveau sont impliquées. 

Bruce Castor a fait la une des journaux après avoir refusé de poursuivre le comédien Bill Cosby pour des allégations d’agression sexuelle pour lesquelles il a finalement été condamné à une peine de prison. 

David Schoen a représenté l’homme de main de Trump, Roger Stone, condamné pour avoir menti sous serment dans l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections de 2016. Trump lui a par la suite pardonné. 

Le magnat de la finance Jeffrey Epstein accusé d’avoir abusé sexuellement de dizaines d’adolescentes avait également retenu les services de Schoen lorsqu’il s’est suicidé en prison.