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L’OMS à l’Institut de virologie de Wuhan, l’UE envisage les vaccins russe et chinois

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Wuhan | Les experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont visité mercredi l’Institut de virologie de Wuhan, en Chine, dans le cadre de leur enquête sur l’origine du coronavirus, contre lequel l’UE envisage d’adopter les vaccins chinois et russe.

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Cet institut, qui comporte plusieurs laboratoires à haute sécurité où des chercheurs travaillent sur des coronavirus, avait été accusé par le précédent président américain Donald Trump d’avoir laissé échapper le virus à l’origine de la pandémie de COVID-19. 

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L’accusation a été fermement démentie par Pékin, qui cherche à se défaire de toute responsabilité dans le déclenchement de l’épidémie en 2019 et laisse entendre, sans le démontrer, que le virus aurait pu être importé en Chine.

Les experts sont restés environ quatre heures à l’Institut de virologie et sont repartis sans faire de déclaration, a constaté l’AFP.

Le régime communiste a attendu plus d’un an avant d’autoriser la visite de l’OMS.

«Transparence» exigée

De nombreux analystes doutent que la dizaine d’experts internationaux découvrent des indices révélateurs du déclenchement de l’épidémie après un tel délai.

La semaine dernière, un porte-parole de la diplomatie chinoise avait estimé que la visite de l’OMS en Chine relevait d’un projet de recherche. «Ce n’est pas une enquête», avait-il dit.

Pékin insiste sur sa réussite dans l’endiguement de la contagion et sur sa production de vaccins, exportés dans plusieurs pays.

Dans la course mondiale à l’immunisation, l'usage de ces produits chinois pourrait s’étendre à l’Union européenne, qui a manifesté mardi son intérêt sous conditions.

La revue médicale The Lancet a par ailleurs donné, mardi, un avis favorable au vaccin Spoutnik V, développé par la Russie, le jugeant efficace à 91,6% contre les formes asymptomatiques.

«Si les producteurs russe, chinois ouvrent leurs dossiers, montrent de la transparence, toutes leurs données [...] alors ils pourraient avoir une autorisation conditionnelle de mise sur le marché, comme les autres», a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, selon des sources parlementaires.

Stratégie attaquée

Les 40 000 premières doses de Spoutnik V sont arrivées mardi en Hongrie, premier pays de l’UE à l’avoir autorisé, sans attendre que l’Agence européenne des médicaments se prononce.

Outre la Russie, 17 pays ont homologué ce vaccin: d’ex-républiques soviétiques restées proches comme le Bélarus et l’Arménie, des alliés comme le Venezuela et l’Iran, mais aussi la Corée du Sud, l’Argentine, l’Algérie, la Tunisie ou le Pakistan et, en urgence mardi, le Mexique.

Dans la tourmente, Ursula von der Leyen a dû, mardi, défendre sa stratégie de vaccination devant les principaux groupes politiques au Parlement européen, dans une série d’auditions à huis clos.

Elle s’était auparavant exprimée dans plusieurs journaux européens, rappelant que «la Commission et les États membres étaient d’accord pour ne pas transiger avec les exigences de sécurité et d’efficacité qui sont liées à l’autorisation d’un vaccin».

Dans l’UE, 12,7 millions de doses de vaccin ont été administrées à 2,3% de la population. Malte est en tête (5,4% de la population), suivie du Danemark (3,2%) et de la Pologne (3,1%).

Plusieurs laboratoires ont annoncé une augmentation de leurs livraisons, ce qui devrait permettre une accélération de la vaccination dans l’UE.

L’allemand BioNTech a annoncé lundi une accélération des livraisons vers l’UE du vaccin développé avec l’américain Pfizer, promettant jusqu’à 75 millions de doses supplémentaires au deuxième trimestre.

Le britannique AstraZeneca, qui subit les foudres des dirigeants européens en raison de retards, va finalement augmenter de 30%, au premier trimestre, les livraisons de son vaccin, autorisé vendredi dernier sur le marché européen.

600 000 morts en Amérique latine

Les autorités sanitaires françaises et suédoises ont indiqué mardi qu’elles ne recommandaient pas l’AstraZeneca aux plus de 65 ans, faute de données sur son efficacité dans cette classe d’âge.

En Europe, l’Italie et la Pologne ont assoupli lundi leur dispositif anti-COVID et rouvert leurs musées, mais leurs voisins, dans l’ensemble, continuent de durcir les mesures restrictives, notamment en matière de voyages, pour lutter contre une pandémie qui a fait plus de 2,2 millions de morts à ce jour et s'étend de nouveau à cause des variants du coronavirus.

L’Europe au sens large reste la zone la plus touchée en termes de décès, avec 747 887 morts. L’Amérique latine vient de dépasser les 600 000 morts, un mois après l’Europe, selon un comptage réalisé par l’AFP mardi à 22h GMT à partir de bilans fournis par les autorités de santé. Suivent, selon ce même calcul, les États-Unis/Canada (464 204) et l’Asie (241 391).