/news/society
Navigation

Reconnaissance faciale: les pratiques de Clearview AI «illégales»

Coup d'oeil sur cet article

La technologie de reconnaissance faciale développée par la société américaine Clearview AI, controversée mais utilisée par plusieurs corps policiers pour traquer des criminels, est jugée «illégale» par des commissaires canadiens à la protection de la vie privée.

Mercredi, les autorités de la protection de la vie privée du Québec, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et du Canada ont dévoilé les conclusions de leur enquête sur Clearview AI, soupçonnée de collecter des informations personnelles sur des personnes sans avoir leur consentement. 

Selon ces organisations, la collecte de milliards d’images d’adultes et d’enfants dans internet «représente une surveillance de masse et une violation manifeste du droit à la vie privée des Canadiens».  

«Il est tout à fait inacceptable que des millions de personnes qui ne seront jamais impliquées dans un crime se retrouvent constamment dans une parade d’identification policière», a indiqué Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada. 

Les autorités estiment que l’entreprise de New York «a enfreint les lois provinciales et fédérale sur la protection des renseignements personnels» et que sa pratique «crée un risque de préjudice grave». 

Plus au Canada

Depuis l’annonce de l’ouverture de l’enquête, Clearview AI a cessé d'offrir ce service au pays. Au total, 48 comptes ont été créés pour des organismes d’application de la loi au Canada, comme la Gendarmerie royale du Canada.  

Clearview AI compte aussi plusieurs clients du côté des États-Unis. Des organisations commerciales auraient également profité de cet outil permettant de recueillir des données biométriques sensibles. 

Les commissaires reprochent également à l’entreprise d’avoir «utilisé et communiqué des renseignements personnels [...] à des fins inacceptables». 

Pour sa part, Clearview AI soutient notamment que les «lois canadiennes sur la protection des renseignements personnels ne s’appliquent pas à ses activités, puisque l’entreprise n’a pas de lien réel et substantiel avec le Canada». 

Le logiciel de l'entreprise utilise des photos extraites de sites comme Facebook, Instagram ou Google pour reconnaître les gens. La base de données de Clearview AI contiendrait environ 3 milliards d’images. 

Selon différents médias, plusieurs géants du web se seraient tournés vers les tribunaux afin que l’entreprise cesse d’utiliser les photos publiées sur leur site et qu’elle supprime toutes les données récoltées ces dernières années. 

En août dernier, la Sûreté du Québec a acheté de l'entreprise Idemia une technologie de reconnaissance faciale. 

Dans les centres commerciaux

Au cours des dernières années, des solutions de reconnaissance faciale ont également été déployées dans des centres commerciaux.  

Une enquête menée en 2020 par différents commissaires à la protection de la vie privée au Canada a révélé que Cadillac Fairview, en utilisant une technologie de reconnaissance faciale, avait récolté les données de clients, sans leur consentement, dans 12 centres commerciaux du Canada. 

Les commissaires ont conclu que le propriétaire immobilier avait enfreint les lois sur la protection des renseignements personnels. 

Ivanhoé Cambridge avait aussi testé un système d’analyse faciale par caméras dans le centre commercial Place Ste-Foy, à Québec. Le bras immobilier de la Caisse de dépôt a, depuis, abandonné cette idée. 

La direction assurait qu’aucune image permettant de connaître l’identité des clients n’était conservée.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.