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Jeux olympiques: le boycottage n’est pas une option

Les représentants canadiens ont l’intention d’être du côté de Pékin en 2022

David Shoemaker
Photo courtoisie David Shoemaker, PDG du Comité olympique canadien, lors d’une allocution au Temple de la renommée à Toronto en 2019.

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Le Canada ne boycottera pas les Jeux olympiques de 2022 à Pékin malgré les appels d’organisations de protection des droits de la personne à le faire.

• À lire aussi: Des associations appellent au boycott des JO d'hiver de Pékin-2022

En entrevue hier à un an de l’ouverture des Jeux de Pékin prévue pour le 4 février 2022, Eric Myles est catégorique. 

« Le boycottage n’est pas une option, a déclaré le directeur du sport au Comité olympique canadien (COC). On obtiendra de meilleurs résultats en se présentant en Chine plutôt qu’en demeurant à la maison. 

En allant à Pékin, nous avons plus de chances de faire connaître les valeurs canadiennes et de favoriser les changements. En compétitionnant aux Jeux olympiques en 2022, nos chances seront meilleures d’être dans la conversation pour favoriser d’éventuels changements. Le sport peut servir de pont pour rapprocher les gens. »

Myles donne l’exemple du boycottage des Jeux olympiques d’été de 1980 à Moscou par les États-Unis en raison de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. Le Canada avait suivi le mouvement des États-Unis tout comme de nombreux pays occidentaux. Huit ans plus tard, les Soviétiques étaient toujours présents en Afghanistan et ils ont répliqué en boycottant les Jeux de Los Angeles en 1984. 

« Avec les boycottages de 1980 et 1984, les pays n’ont pas obtenu de grands résultats, a-t-il résumé. Ce sont les athlètes qui ont été pénalisés et les athlètes représentent notre priorité. Il y a d’autres moyens pour manifester notre désaccord sur certaines politiques chinoises. »

Coalition

Une coalition de 180 organisations estime que la Chine ne respecte pas les droits des minorités ethniques (les minorités tibétaine et musulmane des Ouïghours) et déplore la reprise du territoire semi-autonome de Hong Kong. 

La coalition souhaite que le Canada et les pays occidentaux boycottent les Jeux. Au Canada, des voix s’élèvent aussi pour un boycottage en raison de la détention en Chine des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor. 

Cet emprisonnement est perçu comme une réplique à l’arrestation de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, en 2018, en vertu d’un mandat américain. Les États-Unis souhaitent son extradition afin qu’elle réponde à des accusations de fraude.

Chef de la direction et secrétaire général du COC, David Shoemaker refuse catégoriquement la possibilité d’un boycottage tout en reconnaissant le sérieux des reproches aux autorités chinoises. 

La chef de la direction Karen O’Neil du Comité paralympique canadien (CPC) abonde dans le même sens. Le Canada doit envoyer environ 400 athlètes aux Jeux olympiques et paralympiques à l’hiver 2022.

« Au cours des derniers mois, nous avons eu vent d’appels au boycottage des Jeux de Beijing, a mentionné Shoemaker dans une lettre ouverte. Le bilan troublant de la Chine en matière des droits de la personne, l’oppression des Ouïghours musulmans et la détention des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor sont des sujets qui nous préoccupent profondément. D’aucune façon, le Comité olympique canadien et le Comité paralympique canadien ne minimisent ce qui se passe en Chine. 

« Cependant, un boycottage n’est pas la solution. Nous croyons plutôt que les intérêts de tous les Canadiens et de la communauté mondiale progresseront davantage grâce aux compétitions et par la célébration des performances et des valeurs canadiennes sur la scène olympique et paralympique. » 

Le décompte d’un an est débuté pour les Jeux de Pékin 

À un an des Jeux olympiques de 2022 à Pékin et malgré l’incertitude concernant les Jeux de Tokyo cet été, Éric Myles estime que l’excitation est palpable.

« Nous sommes occupés avec la pandémie et le chevauchement de deux Jeux, mais l’excitation est là pour Pékin, a souligné le directeur du sport du Comité olympique canadien (COC). Ça va bien et nous étions prêts à prendre les bouchées doubles. On a revu nos priorités. Nous avons un plan robuste pour réduire le plus près de zéro les risques. Notre plan va s’insérer dans le plan robuste du comité organisateur. »

Même préparation

Si les cérémonies d’ouverture des Jeux de Pékin auront lieu dans un an, Myles se prépare de la même façon que pour les Jeux de Tokyo cet été. « Pour Pékin, nous misons sur les mêmes principes de base que pour Tokyo, a-t-il expliqué. On mise sur le même plan qui est excellent et solide. Nous privilégions une approche restreinte et conservatrice. Si les mesures sanitaires sont plus souples, tant mieux, mais on se prépare de la même façon que pour les Jeux d’été. La sécurité et la santé des athlètes ont toujours été un enjeu important, mais ça devient encore plus important en pandémie. La santé de nos athlètes est l’élément primordial. Nous sommes à un autre niveau. »

« Le gros enjeu est d’obtenir l’information, mais aussi on doit s’assurer qu’elle est juste, d’ajouter Myles. On travaille d’arrache-pied. On reçoit les lignes directrices de nos équipes médicales. Nous avons aussi un sous-groupe de médecins. »

Des côtés positifs ?

La pandémie a certains côtés positifs au COC et au Comité paralympique canadien (CPC).

Directeur exécutif en ce qui touche les communications et le marketing du CPC depuis 2012 après une association de dix ans avec Natation Canada, Martin Richard vit une première. « Je n’ai jamais vu autant de collaboration et de partage d’information tant au niveau national qu’international. Le partage se fait avec les Fédérations et les instances gouvernementales. »

« On s’adapte aux nouvelles réalités et on imagine plusieurs scénarios et planifie différentes alternatives, de poursuivre Richard. Il s’agit d’un bon apprentissage pour le futur. On apprend à être plus efficaces. On parle souvent que le milieu des arts est créatif, mais la créativité va être notre force pour les prochains Jeux parce que nous sommes forcés à revoir nos modèles et nos façons de faire. Plein de belles choses vont survivre. »