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Super Bowl LV: place aux dames!

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Photo d'archives, AFP Sarah Thomas en est à sa sixième saison dans la NFL, elle qui obtient enfin l’occasion d’arbitrer au match le plus important de la saison.

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La NFL demeure un milieu majoritairement réservé aux hommes, mais la gent féminine commence à briser les stéréotypes. Jamais le Super Bowl n’aura donné autant de place aux dames avec deux d’entre elles qui figurent sur le personnel d’entraîneurs à temps plein des Buccaneers, en plus de Sarah Thomas, qui deviendra la première femme à arbitrer lors du match ultime.

La bataille pour obtenir davantage d’opportunités est loin d’être gagnée, mais tranquillement, sur l’une des plus grosses scènes sportives qui soit, les barrières tombent. 

Sarah Thomas n’a certainement pas obtenu cette vitrine dans un élan de marketing du circuit Goodell, elle qui besogne comme officielle dans la NFL depuis 2015. Elle a pris part à 92 rencontres, dont trois en séries, avant d’obtenir cette opportunité. « Ça veut dire beaucoup pour moi. J’ai une petite fille qui regarde sa mère et de savoir que j’ai un impact sur elle et sur d’autres jeunes filles un peu partout, ça me rend honorée et humble », a-t-elle mentionné par le biais d’une vidéo distribuée par la NFL.

Celle qui n’accordera pas d’entrevue cette semaine a par ailleurs mentionné que son rêve n’a jamais été « d’arbitrer au Super Bowl, mais de devenir la meilleure de ma profession. »

Arians ouvre la porte

Thomas ne sera pas seule à défricher le chemin. 

Il n’y a actuellement que huit femmes dans la NFL qui occupent un rôle d’entraîneuse à temps plein. Sur plus de 500 entraîneurs à travers la ligue, c’est encore bien peu. L’entraîneur-chef des Buccaneers, Bruce Arians, s’est toutefois fait un devoir de faire sa part pour ouvrir la porte aux femmes.

En embauchant Lori Locust et Maral Javadifar en 2019 dans le personnel pour l’épauler, il a fait des Buccaneers la première équipe à envoyer deux femmes sur les lignes de côté au Super Bowl. 

« Il y a tellement d’hommes et de femmes de qualité qui sont disponibles et qui proviennent d’ethnies, de sexe et d’horizons différents. J’aimerais bien que d’autres propriétaires d’équipes observent et voient que ça fonctionne d’avoir différentes voix pour apporter leur contribution et en faire un exemple », a mentionné Arians.

Deux pionnières

Lori Locust est impliquée avec les colosses de la ligne défensive des Buccaneers.
Photo d'archives, AFP
Lori Locust est impliquée avec les colosses de la ligne défensive des Buccaneers.

Pour Lori Locust, c’est une longue histoire d’amour avec le football qui l’a menée jusqu’au Super Bowl. Ayant elle-même joué, elle a ensuite fait le saut comme entraîneuse à différents niveaux, passant notamment par les défuntes Arena Football League et Alliance of American Football.

Quand Arians l’a contactée, c’était pour une place à temps plein, comme assistante à la ligne défensive.

« Maral et moi, nous sommes là pour aider les Buccaneers à gagner. Nous savons qu’il y a eu peu de femmes avant nous dans la ligue, mais ce n’est pas quelque chose qui entre en ligne de compte quand nous dirigeons des joueurs », a dit la dame de 56 ans lors d’une visioconférence.

Maral Javadifar (droite) prodigue ses conseils aux joueurs en matière d’entraînement et de réhabilitation.
Photo d'archives, AFP
Maral Javadifar (droite) prodigue ses conseils aux joueurs en matière d’entraînement et de réhabilitation.

Pour sa part, Maral Javadifar aide les joueurs au sein de l’équipe d’entraîneurs en conditionnement.

« Je me sens reconnaissante de cette opportunité, mais j’ai hâte au jour où le sujet des femmes au Super Bowl ne sera plus d’actualité parce que plein d’autres femmes auront eu la même opportunité que nous », a-t-elle réagi.

Les Buccaneers ont encore un gros match à gagner face aux Chiefs s’ils veulent être sacrés champions du Super Bowl. Avec deux femmes dans leur personnel d’entraîneurs, une autre comme directrice de la recherche football et trois coordonnateurs afro-américains sous la férule de Bruce Arians, ils peuvent à tout le moins être considérés comme les champions de la diversité.

« La preuve que la recette fonctionne, c’est qu’on joue dimanche », résume avec justesse Lori Locust. 

Autres femmes dans la NFL

Les Buccaneers ne sont pas les seuls à avoir ouvert la porte aux femmes sur le terrain ou dans les opérations football. Voici quelques-uns d’entre elles.

  • Catherine Raîche (coordonnatrice des opérations football et personnel, Eagles)
  • Callie Brownson (cheffe du personnel, Browns)
  • Emily Zaler (entraîneuse au conditionnement, Broncos)
  • Chelsea Romero (entraîneuse au conditionnement, Rams)
  • Katie Sowers (assistante à l’offensive, 49ers)
  • Cristi Bartlett (entraîneuse au conditionnement, Titans)
  • Jennifer King (assistante-entraîneuse des porteurs de ballon, Washington)
  • Jacqueline Davidson (directrice de la recherche football, Buccaneers)  

Antonio Brown peu loquace 

Dans les dernières années, les moments incendiaires se sont succédé quand il a été question du mercuriel receveur Antonio Brown. Depuis son arrivée avec les Buccaneers, il fait plutôt profil bas et dans une rare entrevue avec les médias en prévision du Super Bowl, il a poursuivi dans cette voie. Après la saison 2018, Brown a tout fait pour forcer la main des Steelers à l’échanger, après des campagnes pourtant ultraproductives avec cette équipe. Troqué aux Raiders, il a poursuivi sa dérape de plus belle, au point où l’équipe a perdu patience et l’a libéré avant même qu’il n’ait disputé un match.

Les Patriots l’ont embauché, mais après une partie, ils ont décidé à leur tour de couper les ponts quand des accusations d’agression sexuelle et autres méfaits ont commencé à circuler.

Depuis cet automne, c’est le retour au calme à Tampa. Hier, dans sa visioconférence, Brown a tout fait en son possible pour éviter de répondre aux questions entourant ses nébuleux gestes des dernières années.

« Je suis juste excité de me retrouver ici. Je ne rendrais service à personne en ne mettant pas entièrement mon focus et mon énergie sur ce match », a-t-il essentiellement répondu à quelques reprises.

Quand on lui a demandé en quoi il était devenu différent du joueur qu’il était à Pittsburgh, il ne s’est pas éternisé. « J’ai 32 ans. C’est tout », a-t-il lâché.

Rôle effacé

Depuis son arrivée avec les Buccaneers, Brown a pris part à huit rencontres, captant 45 passes pour 483 verges et quatre touchés. Avec Tom Brady à bord et une pléiade de receveurs de qualité, il a bien compris qu’il serait mal vu de faire des vagues. « Je reste humble, j’essaie de tirer profit de mes opportunités et de canaliser mes émotions. Je suis reconnaissant, que je fasse deux ou 20 jeux », a-t-il affirmé.

Chose certaine, malgré les frasques qu’il s’est permises et les allégations qui pèsent toujours contre lui, Brown se voit encore comme un éternel incompris.

« J’aimerais que mon héritage soit celui d’un gars persistant, qui n’a jamais abandonné malgré l’adversité et le mépris. »

Brown est actuellement aux prises avec une blessure au genou, mais l’équipe semble optimiste quant à sa participation au Super Bowl.

Événements à Tampa

La sécurité d’abord

Les images en provenance de Tampa montrent que comme chaque année, des événements qui rassemblent les partisans sont au menu de la semaine du Super Bowl. Le traditionnel « Super Bowl Experience », où les amateurs peuvent à la fois faire des emplettes, se prêter à des épreuves physiques ou revivre l’histoire de la NFL comme dans un grand musée, demeure bien en vie. Toutefois, les visites doivent être effectuées sur réservation et dans des cases horaires précises. D’ailleurs, la NFL a fait savoir que tous les billets disponibles s’étaient écoulés comme des petits pains chauds en un rien de temps. Le masque est bien sûr de mise, tout comme la distanciation physique. Les différents spectacles dans le secteur du Riverwalk de Tampa seront aussi présentés devant un nombre limité de spectateurs.

Les Bucs dans leur stade

Pas de canon !

Les Buccaneers bénéficient d’un avantage en étant la toute première équipe de l’histoire à disputer le Super Bowl dans son propre stade. Parmi les bénéfices de jouer à la maison, toutefois, ils ne pourront pas compter sur leur traditionnel canon, qui retentit après chaque point marqué par l’équipe. Les Buccaneers héritent de privilèges liés à l’équipe locale, comme de profiter de leurs installations, de leur vestiaire et du premier choix d’uniforme, mais sinon, la NFL a tranché en décidant que des traditions comme le canon ne correspondaient pas à sa description de « site neutre » pour le match ultime. L’un des attraits du bateau de pirate dans le stade se fera seulement entendre pour les présentations d’avant-match et en fin de soirée dimanche si les Buccaneers l’emportent. 

Tom Brady

Toujours vendeur !

Vous croyez que les gens ont en assez de Tom Brady, à sa dixième présence au Super Bowl ? Les rapports de ventes de Fanatics, partenaire en ligne de la NFL pour la vente de marchandise, indiquent tout le contraire. L’entreprise signale que Brady est le meilleur vendeur actuellement. 

Le quart-arrière rejoint encore ses anciens fidèles de la Nouvelle-Angleterre, puisque Boston serait le troisième ou quatrième marché, selon les jours, où les items à l’effigie de Brady s’écoulent le plus. Tampa serait bien sûr le nouveau marché de prédilection. 

Selon les données fournies par l’Association des joueurs de la NFL, les ventes de son chandail auraient bondi de 900 % depuis qu’il s’est joint aux Buccaneers, en mars.