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Tramway: guerre ouverte entre Legault et Labeaume

Le premier ministre se défend d’entretenir le flou dans le dossier du tramway

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Le projet de tramway de Québec tourne à la guerre ouverte. François Legault a monté le ton en martelant son inquiétude pour la desserte des banlieues dans la nouvelle mouture défendue bec et ongles par Régis Labeaume, qu’il refuse toujours d’autoriser.

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« Les chiffres parlent par eux-mêmes », a pesté en chambre le premier ministre, après que la cheffe libérale Dominique Anglade eut brandi une copie du Journal de jeudi, dans lequel on apprenait pourquoi la CAQ n’est pas pressée d’appuyer le projet de tramway.

Comme nous l’avons rapporté dans nos pages, le premier ministre a rappelé que la mouture originale du projet de réseau structurant qu’avait appuyée son parti prévoyait une dépense de 2 milliards $ pour la composante tramway.

Or la facture a depuis grimpé à 3,1 milliards $, forçant la Ville à abandonner le trambus et des infrastructures dédiées en banlieue, qui ensemble devaient coûter près d’un milliard.

La solution de rechange privilégiée par l’administration Labeaume prévoit maintenant des voies réservées dans l’axe nord et est et une ligne à haute fréquence reliant l’est à l’ouest de la Ville, qui devraient coûter « un petit 200 millions $ », a pesté M. Legault.

« De passer d’un milliard pour les banlieues à 200 millions $, nous, ça nous inquiète. [...] Ça ne fait pas notre affaire », a-t-il lancé, visiblement agacé.

« Pas besoin d’avoir fait un grand cours en construction ou en économie [pour comprendre] », a-t-il ajouté.

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Un plan « complet » dit Labeaume

Contredisant les affirmations gouvernementales, le maire de Québec, Régis Labeaume, a de nouveau assuré que le plan de la Ville pour desservir les banlieues est « complet ».

« On a un plan complet qui est le tramway, la couronne périphérique et le transport à la demande, qui, en passant, va faire un tabac. Notre plan est là. Il est complet, pensé et réfléchi depuis des années », a soutenu M. Labeaume, en marge d’un point de presse.

Le maire a ajouté que le dossier du réseau structurant est « toujours politique » et que « tout le monde veut qu’on passe chez eux et qu’on fasse le tour de la ville en tramway, mais on n’a pas d’argent pour faire ça ».

Le maire s’est aussi moqué des sources gouvernementales citées dans notre article de jeudi.

« Des fantômes, on en a vu en masse, depuis quelques mois, qui parlent, mais on ne sait jamais c’est qui. Ils se contredisent entre fantômes. C’est la confrérie des fantômes. »

Tirs groupés contre la CAQ

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale reprochent au gouvernement de manquer de volonté politique dans ce dossier.

« Toutes les raisons semblent bonnes pour retarder l’échéancier et retarder les délais », a analysé en début de journée le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. 

En entrevue, le député de Québec solidaire, Sol Zanetti, estime que la solution passe par l’augmentation de l’enveloppe globale qui est limitée à 3,3 milliards $.

« L’argument de la desserte des banlieues servi par la CAQ en ce moment, c’est un argument profondément hypocrite. C’est eux qui refusent d’allonger l’argent pour le projet original », a souligné le député de Jean-Lesage.

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla

Ce qu’ils en pensent  

« Le projet original qu’on avait accepté prévoyait 1 milliard pour la desserte des banlieues. Maintenant, le nouveau projet prévoit seulement 200 millions. [...] Ça nous inquiète. »

— François Legault, premier ministre du Québec

« Si le premier ministre ne veut pas du tramway, il devrait l’annoncer clairement aux gens de Québec. Au moins, on aurait l’heure juste. »

— Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle