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Un «effet Ricardo»? Pas sûr

Woman is cooking in home kitchen. Female hands cut salami, vegetables, greens, tomatoes on table on wooden boards. Ingredients for preparing italian or french food. Lifestyle moment.
Photo Adobe Stock

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Les gens cuisinent davantage qu’avant la pandémie, c’est certain. Mais malheureusement, le niveau de littératie alimentaire au Canada a à peine changé depuis le début de la pandémie, selon un nouveau rapport. Autrement dit, le niveau de connaissance alimentaire n’est guère plus élevé, et nos choix alimentaires sont influencés à peu près de la même façon qu’avant mars 2020. Ainsi, malgré l’attention que nous portons à «l’effet Ricardo», nos connaissances alimentaires ne semblent pas changer vraiment.

Le Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie, en partenariat avec Caddle, a publié un nouveau rapport sur la littératie alimentaire. L’objectif de cette enquête était de mesurer si les Canadiens possèdent une meilleure connaissance de l’alimentation qu’avant la pandémie. La littératie alimentaire consiste à comprendre l'impact de vos choix alimentaires sur votre santé, l’environnement et l’économie. Il s'agit essentiellement de la confiance dans les systèmes alimentaires et de l’étendue des connaissances que l’on peut avoir sur l'alimentation en général.

Au total, 10 004 Canadiens ont été interrogés sur la littératie alimentaire en janvier 2021. Interrogés sur la façon dont les choix alimentaires peuvent influer sur certains aspects de notre vie, 70,5% des Canadiens croient que la santé arrive en priorité, puis l'économie à 52,7%. L'environnement est troisième, avec 28,3%, et la communauté arrive en dernier, avec 23%.

L’étude a également examiné la cuisine, qui constitue un élément important de la littératie alimentaire d’une personne. Au total, 24,3% des Canadiens affirment avoir préparé tous les repas consommés depuis le début de la pandémie. Au total, 55,9% des Canadiens estiment avoir préparé la plupart des repas eux-mêmes. Alors que nous cuisinions de plus en plus, 35,5% des Canadiens ont appris une nouvelle recette depuis le début de la pandémie. C’est à peine le tiers de la population. C’est très peu.

Les chiffres nous disent que les connaissances des Canadiens, en matière de nouvelles recettes, n’ont guère changé depuis le début de la pandémie. D'après les résultats de l'étude, le Canadien moyen connaissait 6,2 recettes avant la pandémie. Ce ratio a légèrement augmenté à 6,7 recettes. Étant donné le nombre croissant de Canadiens à la maison, nous nous attendions à ce que le ratio soit beaucoup plus élevé.

Sans surprise, les salaires sont également un facteur déterminant dans la cuisine. Toutes les tranches de revenus ont été touchées par la pandémie et tous les groupes connaissent plus de recettes qu'avant la pandémie. Les Canadiens qui gagnent plus de 75 000$ par année ont tendance à connaître plus de recettes que les personnes à faible revenu. Les Canadiens dont le revenu annuel est inférieur connaissent maintenant 5,6 recettes en moyenne, contre 7,1 recettes pour les Canadiens gagnant plus.

Les gens ont tendance à s'enseigner de nouvelles recettes. Depuis le début de la pandémie, 38% des Canadiens ont enseigné une nouvelle recette à quelqu'un avec qui ils vivent, et 37% des Canadiens ont conçu une nouvelle recette pour eux-mêmes.

Au total, 48% des Canadiens ont utilisé un ingrédient qu'ils n'avaient jamais utilisé auparavant depuis le début de la pandémie. Les épices étaient le choix le plus populaire pour les nouveaux ingrédients parmi les Canadiens. Au total, 67,5% des Canadiens ont essayé de nouvelles épices, suivies des légumes à 36,9% et des huiles à 27,9%. Essayer de nouvelles épices ou des huiles n’est pas aussi audacieux que d’essayer une nouvelle viande ou un nouveau légume. Autrement dit, les Canadiens ne semblent pas être très aventuriers dans la cuisine.

L’étude a également examiné les sources d'information en se penchant sur deux déterminants, la confiance et l'influence. Les sources d'information en ligne sont les plus fiables pour les Canadiens en matière de nutrition. Les médecins arrivent en deuxième position, avec 39,3%, suivis des amis ou des membres de la famille, avec 28,6%.

Les résultats sont quelque peu similaires en ce qui concerne l'influence des décisions alimentaires. Le premier choix des Canadiens était les recherches sur internet, suivies par les amis et la famille. Fait intéressant, les professionnels de la santé, comme les nutritionnistes et les diététistes, se sont classés septièmes, et le Guide alimentaire canadien n’est que huitième au total.