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Affaire Camara: totalement inacceptable

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« Exceptionnel », un mot utilisé ad nauseam depuis qu’on a relâché Mamadi Fara Camara, au terme de 6 jours de prison.

Des jours au bout desquels le DPCP et le SPVM lui ont dit : « On s’est peut-être trompés, donc, veuillez retourner auprès de votre femme très enceinte et agréer l’expression de nos sentiments distingués ». 

Je ne sais pas si c’est exceptionnel, ce qui est arrivé à M. Camara, mais c’est inacceptable. 

J’avais donc bien hâte d’entendre les explications de Sylvain Caron, directeur du SPVM. Comme tout le monde, j’attendais des réponses. 

Mais il aura fallu que Valérie Plante lui tire l’oreille pour qu’il daigne s’exprimer autrement que par un communiqué de presse mollasson. 

Opération ratée

Quand je l’ai vu s’avancer, au point de presse, je me suis dit : ça y est, il va présenter ses excuses à M. Camara et tout nous expliquer.  

  • Écoutez l’analyse de Alain Babineau, agent retraité de la GRC et consultant en matière de profilage racial et sécurité publique  

Au lieu de ça, M. Caron a répété les mots « exceptionnel » et « rigueur » et a dit que le SPVM n’hésiterait pas à s’excuser... au moment opportun. Et c’est quand, exactement, ce moment-là ? On doit attendre que M. Camara ait été complètement disculpé. Rigueur ! 

Parce que, même si la mairesse Plante a clamé haut et fort que M. Camara était un homme libre et innocent, celui-ci ne bénéficie pour le moment que d’un retrait de procédure. 

Reconstruire 

Ce n’est pas un secret, le SPVM a des ponts à reconstruire avec les communautés noires. On ne sait cependant pas, pour le moment, s’il y a eu du racisme dans l’affaire Camara. Et il faut se rappeler qu’un policier a failli mourir. 

Sauf que ce cafouillage, combiné à celui d’un avocat noir qui prétend avoir été menotté injustement la semaine passée, tombe mal. Surtout qu’on est en plein Mois de l’histoire des Noirs.

Si les citoyens croient que la police est raciste, on a un méchant problème. Et chaque erreur de communication nous éloigne d’une possible réconciliation. 

Alors, si ce n’est pas le moment opportun pour des excuses, ce devrait être celui d’une remise en question profonde pour le SPVM.