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Justin nous a hypnotisés avec ses quelques vaccins

Vaccination COVID-19 Coronavirus
Photo d'archives, courtoisie MSSS La réussite de l’opération hâtive de vaccination en décembre a masqué l’échec de la stratégie globale.

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L’approvisionnement en vaccins est un échec pour le Canada. À un moment critique où nous devions vacciner massivement les groupes de la population les plus vulnérables, la campagne de vaccination est presque au point mort, faute de doses. 

Les provinces organisent l’opération de la vaccination. Mais il était interdit aux provinces de partir en quête des vaccins. Il s’agit d’une responsabilité fédérale. C’est la même chose partout dans le monde : ce sont les pays qui s’assurent d’un approvisionnement.  

À ce jour, la stratégie d’approvisionnement du gouvernement Trudeau fait naufrage. Comment peut-il alors s’en sortir aussi bien politiquement ? Comment expliquer que l’opinion publique soit amorphe face aux retards répétés ? 

Résignés et silencieux

Comment expliquer que les associations de défense des aînés ne fassent pas de sorties musclées pour dénoncer les conséquences ? Présentement au Québec, nous devrions être en train de vacciner massivement dans les résidences privées pour aînés (RPA). Cette opération fut littéralement arrêtée, puis elle recommence à pas de tortue.

Les résidents des RPA font partie des gens à risque, chaque jour certains décèdent de la COVID-19. Dans les zones rouges, les gens sont enfermés dans leur chambre depuis des semaines. Plus de sorties dans les aires communes, plus de repas à la salle à manger. 

Pour eux, reporter la vaccination d’un mois a un prix énorme. Personne ne s’en émeut. En fait, personne ne réalise la relation de cause à effet entre le fiasco des arrivées de vaccins et les dommages vécus.

L’explication à cette acceptation léthargique dans la population tient à une chose : les libéraux sont des magiciens. Les quelques milliers de doses que Justin Trudeau a réussi à obtenir avant Noël ont hypnotisé tout le monde.

  • Écoutez la politique provinciale et fédérale avec Antoine Robitaille et Caroline St-Hilaire sur QUB radio:

Les as du marketing 

Un petit nombre de doses, mais une réussite magistrale dans l’opinion publique : le Canada amorce sa vaccination parmi les premiers, alors tout va très bien, Madame la Marquise. Même si la suite des choses tourne au vinaigre.

Comme les beurrées d’asphalte de l’Union nationale à une époque : une mince couche d’asphalte bien étendue dans un comté au moment opportun assure la réélection. Quelques doses administrées hâtivement au bon moment rassureront tout le monde et masqueront le gâchis à venir.

En ce début février, les retards de livraison s’accumulent. Les deux compagnies autorisées réduisent leurs expéditions au Canada. Pour rassurer la population concernant les millions de doses à venir, Justin Trudeau s’appuie sur des garanties verbales seulement. Malgré toute l’incertitude, la population semble rassurée.

À Noël, le Canada faisait partie d’un club sélect de pays qui avaient commencé à vacciner. En date d’hier, le Canada avait glissé au 33e rang mondial, dépassé par des pays beaucoup plus pauvres comme la Roumanie ou la Pologne.

Le Globe and Mail a semblé vouloir secouer les Canadiens cette semaine avec sa une coup-de-poing, pour souligner la gravité de la situation.

C’est ridicule, mais c’est seulement lorsque nous verrons les Américains jouir des libertés du fait d’être vaccinés que nous allons allumer.