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Langues officielles: discordances apparentes entre Joly et LeBel

Conf presse Mélanie Joly Pierre Fitzgibbon
Photo d'archives, Chantal Poirier Mélanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles.

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Bien que Mélanie Joly ait accueilli poliment les demandes du gouvernement du Québec, la ministre fédérale et son homologue Sonia LeBel ne parlent visiblement pas le même langage à l’approche d’une importante réforme de la Loi sur les langues officielles.

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Notre Bureau parlementaire révélait vendredi que la ministre québécoise des Relations canadiennes, Sonia LeBel, avait transmis officiellement au gouvernement Trudeau les demandes du Québec en vue de la modernisation de la loi fédérale vieille de 51 ans.

Après la parution de notre article, la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, qui doit livrer cette réforme en 2021, s’est empressée de remercier publiquement Mme LeBel, dans une enfilade de tweets bilingues.

«Nos deux langues officielles sont au cœur de notre patrimoine», a fait valoir Mme Joly, en français, comme en anglais.

«Absurde», a aussitôt réagi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. En entrevue, il a dit y voir la preuve que pour le parti de Justin Trudeau, les deux langues «ont une importance équivalente».

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Nuances

Pour le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, le geste posé par Mme Joly en dit long «sur les instincts et les réflexes» du Parti libéral du Canada, et la démonstration que les libéraux de Justin Trudeau préfèrent la notion d’égalité à celle «d’équité» réclamée par le Québec.

«Elle répond à un tweet qui était en français à une ministre québécoise dont la langue officielle reconnue est le français. Elle aurait très bien pu répondre uniquement en français», a déploré le député néo-démocrate.

Sur le fond du message, Mme Joly a réitéré son engagement à «renforcer la Loi sur les langues officielles en tenant compte de la réalité particulière du français», comme le mentionnait le dernier discours du trône.

Or, le Québec, dans ses demandes, plaide plutôt pour une reconnaissance de la position «minoritaire» du français comme langue officielle.

«Il y a une très grande nuance, croit M. Boulerice. Les deux grandes visions (celles du Québec et d’Ottawa) ne s’entendent pas dès le départ. C’est clair qu’ils ne partent pas du même endroit», a-t-il dit.

À l’instar du NPD, le Bloc québécois considère que le livre blanc que doit bientôt déposer la ministre Joly avant d’aller de l’avant avec une véritable réforme ne sert qu’à gagner du temps.

«C’est vraiment une urgence de moderniser la Loi sur les langues officielles», a insisté le député Mario Beaulieu, qui se dit « à 101 % » derrière la position défendue par Québec.

«Le gouvernement libéral se traîne les pieds et refuse d’en faire un enjeu prioritaire», a affirmé le député conservateur de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes.