/news/politics
Navigation

Protection du français: Québec devance Mélanie Joly

Le gouvernement Legault dévoile sa position en vue de la modernisation de la Loi sur les langues officielles

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, a dévoilé la position du Québec élaborée avec son collègue responsable de la Langue française, le ministre Simon Jolin-Barrette, en vue de la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Legault prend Mélanie Joly de vitesse. Avant même que la ministre fédérale ait déposé sa très attendue réforme de la Loi sur les langues officielles, Québec réclame que seul le français soit reconnu comme ayant besoin d’être protégé au Canada.

Depuis plusieurs mois, la pression monte afin que la Loi sur les langues officielles, vieille de 50 ans, soit réformée comme Justin Trudeau s’est engagé à le faire.

Encore jeudi, une source proche du premier ministre a assuré que le dépôt du livre blanc promis en fin d’année par la ministre Mélanie Joly est «imminent».

Cet ouvrage doit jeter les bases de la réforme qui sera déposée d’ici la fin de l’année, à moins d’élections hâtives.

Mais le gouvernement Legault en a assez d’attendre. Dans une lettre transmise jeudi à la ministre fédérale des Langues officielles, Québec a affiché ses couleurs.

«Pour nous, c’est important de comprendre et de reconnaître que des deux langues officielles au Canada, le français est la seule en position minoritaire», a soutenu en entrevue la ministre québécoise des Relations canadiennes, Sonia LeBel. 

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Approche différenciée

Concrètement, accorder la même attention à l’anglais et au français ne suffit plus. Québec réclame « une approche différenciée », c’est-à-dire un effort supplémentaire pour protéger et promouvoir le français partout au pays. «C’est la différence entre l’équité et l’égalité», considère Mme LeBel.

Le gouvernement Legault, qui travaille sur une refonte de la loi 101, tient également à ce que la spécificité du Québec soit reconnue afin de pouvoir continuer à exercer ses compétences en matière linguistique sur son territoire.

«Tout ça ne doit pas se faire au détriment de notre minorité anglophone», a par ailleurs insisté Mme LeBel.

Les communautés

Elle demande aussi qu’Ottawa assure le respect du rôle et des responsabilités du Québec envers les communautés francophones et acadiennes à travers le pays.

Dans sa lettre de mandat confié à Mélanie Joly, Justin Trudeau précise que le projet de loi pour moderniser et renforcer la Loi sur les langues officielles devra «favoriser l’épanouissement des communautés linguistiques minoritaires, protéger leurs institutions et accroître le bilinguisme dans tout le pays et dans la fonction publique».

Il est aussi question, dans ce document publié à la mi-janvier, de «prendre des mesures concrètes pour reconnaître le contexte minoritaire de la langue française en Amérique du Nord et la nécessité de la protéger davantage». 

Cinq grandes orientations  

Position du gouvernement du Québec sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles  

  • Reconnaissance que le français est la seule langue officielle minoritaire dans l’ensemble du Canada     
  • Introduction d’une approche différenciée en matière de promotion et de protection des langues officielles     
  • Prise en compte et respect de la spécificité de la situation linguistique du Québec     
  • Respect des droits et prise en considération de la situation, des enjeux et des besoins réels des Québécois d’expression anglaise     
  • Respect du rôle et des responsabilités du Québec envers les communautés francophones et acadiennes à l’échelle pancanadienne