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La Santé publique exaspère aussi des caquistes

Legault Arruda
Photo d'archives Les experts de la Santé publique, dont le directeur national Horacio Arruda, font de leur mieux, mais leurs avis soulèvent bien des questions, même dans les rangs du gouvernement.

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François Legault a pu annoncer ses premières bonnes nouvelles depuis longtemps, mardi, avec le début d’un modeste déconfinement. Mais même dans les rangs caquistes, des élus partagent l’incompréhension et l’exaspération de l’opposition face à certaines positions de la Santé publique.

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Ils ne le diraient peut-être pas publiquement, par souci de cohésion, mais des membres du gouvernement se sentent parfois pris entre l’arbre et l’écorce. Ils veulent bien parler d’une même voix pour le respect des consignes. Mais certains disent comprendre les adversaires politiques qui remettent en question des positions défendues par le gouvernement sous la recommandation de la Santé publique.

« Sur les tests rapides, nos spécialistes, ils sont durs à suivre. On sait que c’est pas facile pour (Christian) Dubé de les suivre... et dire que ce sont eux les experts ! » m’a lancé un membre du caucus, perplexe face à la sous-utilisation des deux millions de tests envoyés par le fédéral.

Un autre a témoigné d’une lassitude envers les tergiversations des scientifiques, en me disant que « si l’ensemble de leurs avis au gouvernement, qui changent constamment, étaient rendus publics, les gens seraient surpris ». D’ailleurs, François Legault a promis qu’ils seraient dévoilés. On ne sait toujours pas quand.

Bien sûr, la pandémie d’une telle ampleur étant inédite, même les experts ont du mal à poser les bons diagnostics, à établir les bonnes marches à suivre. Il faut une bonne dose d’indulgence. Les élus du gouvernement le savent, mais ils sont confrontés aux mêmes défis que tout le monde. Plusieurs sont des pères ou mères de famille un peu à bout de ressources pour consoler les déceptions de leurs enfants, notamment.

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:

Incompréhension pour les sports

Au caucus, l’une d’entre eux a récemment vidé son sac contre la Santé publique qui refuse toujours au gouvernement de permettre la reprise de certains sports.

« À côté de la track », on dirait qu’« ils ne comprennent pas ce que c’est, des jeunes », s’est indignée la députée, selon nos sources.

D’autres ressentent la même frustration, mais n’ont pas cru bon d’en rajouter, après que leur chef eut bien fait comprendre que la Santé publique refusait net d’autoriser les sports, essentiellement parce qu’il s’agit de rassemblements.

« Je partage la crainte qu’on pénalise beaucoup les jeunes ; au gouvernement, on le ferait (autoriser les sports), mais est-ce qu’il y aurait aussi un prix politique pour aller à l’encontre de la Santé publique ? » m’explique un autre député qui se sent coincé, et qui a résumé en deux mots : « C’est poche ».

Dans les zones rouges, les activités extérieures n’étant permises qu’à quatre personnes, les possibilités sont assez limitées aussi.

Pas moyen de jouer au hockey à la patinoire du village ! Mais la Santé publique a plaidé au gouvernement que les nouveaux variants, que l’on craint, peuvent se transmettre beaucoup plus, même dehors. 

Et les restos !

La veille de l’annonce de l’embryon de déconfinement, le bruit a couru que les salles à manger des restaurants pourraient rouvrir partout, sauf dans le Grand Montréal. Lors de la réunion du caucus qui a précédé, selon nos informations, il a aussi été question d’un scénario d’ouverture à grande échelle des restos pour les déjeuners et les dîners, en contrepartie d’une fermeture le soir. Finalement, le gouvernement et la Santé publique ont opté pour les régions retrouvant la teinte orange seulement.

Pour l’instant, en zone rouge, on devra se contenter de magasiner... ou d’aller au musée ! Et au moins, les étudiants des cégeps et universités pourront revenir graduellement en classe. C’est vraiment mieux que rien.