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L’enseignement en présentiel est essentiel

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Avez-vous, de temps en temps, la furieuse envie de désinventer Zoom et de jeter aux flammes éternelles de l’enfer l’homme qui a eu le premier l’idée de l’apéro par écrans interposés ?

Nous savons tous que la présence physique de nos proches nous manque, qu’on ne se confie pas de la même manière en présentiel et en distanciel, comme disent les adeptes du français covidien. 

Zoom

Pensons maintenant à l’enseignement par écran, plus particulièrement, dans le contexte collégial et universitaire. 

On dit souvent des étudiants qu’ils souffrent de ne pas voir leurs amis, et que leur santé mentale en pâtit. Mais il faut aussi rappeler que la qualité de l’enseignement est aussi diminuée par l’enseignement écranisé, quoi qu’en disent les administrations universitaires, qui rêvent d’un monde virtuel. 

Un bon professeur n’est pas qu’un robot recracheur d’infos. Lorsqu’il enseigne, il scrute le visage de ses étudiants. Il cherche dans la classe celui qui comprend tout, celui qui comprend mal, et celui qui comprend en gros. Il navigue entre eux, en essayant de n’oublier personne.  

Il guette leurs réactions, et sait d’instinct à quel moment répéter un propos, le reprendre autrement. Il sait à quel moment glisser une anecdote. Un bon professeur est toujours un peu un homme de théâtre. 

C’est tout cela qui est suspendu en ce moment. On nous dira que ce n’est pas dramatique. Peut-être. Ou peut-être pas. Car quelque chose d’essentiel se perd dans cette absence physique. C’est une relation intellectuelle qui ne parvient pas à se créer. Ce sont les amitiés des plus belles années qui ne naîtront jamais. 

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Présentiel

Tirons-en deux leçons.

La première, c’est qu’une mesure provisoire, par définition, ne peut être définitive. L’enseignement présentiel est essentiel. 

La seconde est qu’il faut tout faire, dès septembre, pour que l’université en redevienne une véritablement et ne se réduise plus à une série de conférences désincarnées.