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Plus on étudie, plus c’est payant!

Étudiants cégep Limoilou équipement de protection
Photo courtoisie Détenir un diplôme d’études postsecondaires accroît généralement les revenus et réduit la probabilité d’être au chômage. Ici, des étudiants, au Cégep Limoilou, à Québec.

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Que les jeunes se le tiennent pour dit : les études, c’est... payant ! 

Oui ! Dans son étude sur les avantages au chapitre des gains associés à la scolarité chez les femmes et les hommes de 25 à 64 ans, voici, pour le Québec, les conclusions d’une étude effectuée par Statistique Canada à partir du dernier recensement.  

Chez les femmes, par rapport à la détentrice d’un certificat d’écoles de métiers (diplôme d’études professionnelles ou attestation de spécialisation professionnelle), la détentrice d’un diplôme d’études secondaires gagnera 11,8 % de plus, celle qui a un DEC (diplôme d’études collégiales d’un programme technique) encaissera 30,9 % de plus et la détentrice d’un baccalauréat, 83,8 %.

Chez les hommes, les écarts sont les suivants par rapport au détenteur d’un certificat d’écoles de métiers : le détenteur d’un diplôme d’études secondaires gagnera 9 % de moins, celui qui possède un diplôme d’études collégiales empochera 15,6 % de plus et le détenteur d’un baccalauréat, 41,2 % de plus.

Morale de l’histoire : c’est financièrement gratifiant d’étudier. Plus concrètement, voyez les gains annuels médians que l’on peut gagner selon les divers degrés de scolarité (tableau à droite). J’ai rajusté les données de Statistique Canada en fonction de l’inflation.

Cela dit, il est malheureux de constater l’écart énorme de revenus qu’il y a entre les femmes et les hommes.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Les études : un gage d'emploi

Par ailleurs, il faut également savoir que plus notre degré de scolarité est élevé, moins on risque de se retrouver au chômage.

Et pour s’en convaincre, rien de mieux que de se référer à la catégorie des travailleurs les plus actifs sur le marché du travail, soit les 25 à 54 ans, pour prendre conscience de l’impact positif de la scolarité sur l’emploi.

Dans le tableau ci-dessous (Taux de chômage), vous trouverez le taux de chômage par niveau de scolarité chez les travailleurs de 25 à 55 ans, et ce, pour les deux dernières années, soit une année 2019 dite « normale » et une année 2020 marquée, elle, par une crise économique et sanitaire sans précédent.

Et que constatons-nous dans ces données compilées par Statistique Canada ? 

Crise économique ou pas, plus un travailleur est scolarisé, moins il risque de se retrouver au chômage. Bien sûr, les données du taux de chômage varient de 2019 à 2020 à cause des conséquences néfastes de la COVID-19 sur le marché de l’emploi, mais on y observera la même tendance à la baisse avec l’augmentation du niveau de scolarité des travailleurs. 

Force est de constater que l’écart s’avère très grand entre le taux de chômage chez les travailleurs hautement scolarisés et les travailleurs n’ayant pas complété leur niveau secondaire. Le taux de chômage est trois fois moins élevé chez les scolarisés.

Boulet met le cap sur la formation

À cause de la pandémie du coronavirus, le marché du travail s’est énormément détérioré en 2020. Le Québec a perdu 209 000 emplois.

Les secteurs les plus durement touchés par les pertes d’emplois sont :    

  • L’hébergement et de restauration : - 63 900  
  • Le commerce de détail : - 24 700  
  • Les services aux entreprises bâtiments/soutien : - 16 800  
  • Le secteur soins de santé et assistance sociale : - 15 400  
  • La fabrication de biens durables : - 15 400  
  • Information, culture et loisirs : - 14 200  
  • Le transport et l’entreposage : - 13 700   

À la suite d’un tel massacre dans l’emploi, bienvenue aux diverses mesures mises en place par le gouvernement Legault et son ministre Jean Boulet pour encourager les gens mis à pied à se former et se recycler dans des domaines d’avenir.

Lors de la mise à jour budgétaire de novembre dernier, le ministre des Finances, Éric Girard, a prévu des montants additionnels de 459 millions de dollars sur deux ans pour :    

  1. Soutenir la formation et la requalification de la main-d’œuvre afin de favoriser la relance des activités économiques ;    
  2. Accroître la participation au marché du travail par la diplomation.       

Au nombre des domaines d’avenir où le gouvernement Legault veut répondre aux besoins d’embauche, de requalification et de rehaussement des compétences, il y a, entre autres, les technologies d’information (TI), les soins de la santé et des services sociaux ainsi que la construction.

Place à une réflexion nationale

L’Association des économistes québécois (AEC) estime que le moment est venu « de refaire une grande réflexion nationale » sur le développement de la main-d’œuvre.

Pour ce faire, l’AEC recommande de mettre à contribution tous les intervenants : le monde de l’éducation, les entreprises et les syndicats.

L’objectif : « identifier les ajustements nécessaires aux politiques et programmes actuels, incluant notamment les programmes de formation, les politiques d’immigration et la fiscalité ».Très bonne suggestion de la part de l’AEC. Il en va de la croissance future de notre productivité et de notre enrichissement collectif ! 

Gains annuels médians Femmes Homme
Certificat de métiers 37 404 $ 57 761 $
Diplôme d'études secondaires 41 805 $ 52 511 $
Diplôme d'études collégiales  48 967 $ 66 747 $
Baccalauréat  68 762 $ 81 581 $

Taux de chômage chez les 25 à 54 ans  

Niveau de scolarité atteint 2019 2020
0 à 8 années  10,4 % 17,7 %
Études secondaires partielles 7,4 % 10,1 %
Études secondaires complétées 6,3 % 10,0 %
Diplôme ou certificat d'études postsecondaires 4,0 % 6,8 %
Baccalauréat 3,5 % 6,3 %
Diplôme universitaire supérieur au baccalauréat 3,5 % 5,0 %