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Un plan pour les délestés S.V.P.

Hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Jérome
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Au-delà du délestage dans les hôpitaux, il y a les délestés… des patients en attente de réponses.

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Depuis le début de la pandémie, on nous parle de délestage dans notre système de santé. Des milliers de rendez-vous sont reportés au grand désarroi des malades. 

Nuance à faire. Ce qui est vrai : la pandémie met une pression sur le système de santé qui force le report d’opérations et d’examens. Ce qui est aussi vrai : les retards et l’attente dans notre système de santé étaient une plaie bien avant la pandémie.

On parle beaucoup de délestage, mais j’ai parfois l’impression qu’on oublie les délestés. Des personnes qui vivent la douleur, l’angoisse ou un mélange des deux parce que le système est incapable de leur fixer une date. 

Au fil des mois, nous avons tous compris que la définition de ce qui n’est pas urgent inclut une prise de risque. On peut dire d’une colonoscopie qu’elle est non urgente. Mais ce n’est qu’en analysant le résultat qu’on le saura vraiment. Si l’on détecte la présence du vicieux cancer du côlon, alors tous reconnaîtront finalement que cet examen aurait été urgent. Trop tard.

J’oserais dire que dans tous les cas de cancer, annoncer au malade déjà sonné que son opération n’est pas urgente va le laisser songeur et inquiet. Il va visualiser la progression de la bibitte dans son système le soir avant de fermer l’œil. Le délestage est plus facile à rationaliser lorsqu’on parle en général que lorsqu’on est malade soi-même.

Délestage massif

Dans les régions où la COVID a sévi sévèrement et longtemps, c’est plus de la moitié des activités régulières qui ont été délestées. Plusieurs médecins, notamment des chirurgiens, des oncologues, des orthopédistes, ont exprimé leurs inquiétudes vives sur les conséquences du délestage. 

Nous n’avons pas le droit collectivement de laisser nos concitoyens malades dans un vide aussi abyssal. Avec plus de 140 000 interventions chirurgicales en retard et un délestage qui continue, un patient peut perdre espoir. 

Avouons qu’il est difficile d’imaginer comment notre système de santé va réussir cet énorme rattrapage. En temps normal, le système peine à traiter le flot des besoins en chirurgie. Dans le passé, nous avons souvent vu les délais médicalement requis être dépassés. Imaginez aujourd’hui le défi de traiter tous les cas réguliers et en même temps d’aller gruger dans la pile des milliers de cas en retard.

Un plan

Il faudra sortir de l’argent pour des heures supplémentaires. Encore faut-il trouver des infirmières formées disponibles pour en faire davantage. Il faudra des ententes spéciales avec les fédérations de médecins. Il faudra recourir à toutes les disponibilités des cliniques privées.

En somme, il faudra un plan, et ce plan doit être présenté à la population le plus tôt possible. La vaccination et la baisse du nombre de cas sont les éléments-clés pour redonner espoir à l’ensemble de la population. Cependant pour ceux et celles qui attendent un rendez-vous médical important, il faudra aussi offrir de l’espoir et des réponses.