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Banque de tuteurs: un projet essentiel pour aider les jeunes en difficulté

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Depuis quelques jours, plusieurs personnalités critiquent l’annonce par le ministre de l’Éducation d’une initiative, la création d’une banque de tuteurs, pour soutenir les élèves en difficultés. Cette initiative est née des discussions au sein d’un Comité réunissant des acteurs du milieu de l’Éducation représentant autant le terrain que différentes expertises.

L’idée est bien documentée sur le plan scientifique et le Comité y réfléchit depuis plusieurs mois. Théoriquement, c’est simple, mais le défi était de déterminer tant le moment que la manière d’implanter cette ressource pour qu’elle soit en adéquation avec les réalités et les besoins des différents milieux scolaires.

Les défis

Plusieurs centres de services scolaires (CSS) sont prêts à la concrétiser. Certains ont déjà identifié les ressources internes. D’autres ont des contacts avec un réseau établi avant la pandémie via les organismes d’aide aux devoirs, les bibliothèques, les villes, les partenaires pour la réussite éducative, les cégeps et universités.

Par contre, des CSS ont développé d’intéressants programmes sans que ceux-ci puissent contribuer au projet de tuteurs. Peut-être qu’une école dispose de ressources à la suite d’une action locale ou la proximité d’un regroupement offrant des services similaires, sans que cela ne soit répandu sur l’ensemble du CSS. 

Il y en a qui, éloignés des grands centres ou caractérisés par un vaste territoire, ne disposent pas encore des moyens pour s’engager dans cette initiative, alors que les besoins divergent peut-être. 

Est-ce que les besoins sont les mêmes pour la Côte-Nord que pour l’Estrie ? Est-ce que cette initiative peut s’appuyer sur de nouveaux partenariats locaux ? Grâce à la visioconférence, peut-on associer un tuteur et un élève habitant à 500 km l’un de l’autre ?

C’est ainsi que l’idée de créer une banque de citoyens qui voudraient aider des jeunes en difficultés s’est imposée. En effet, si les ressources locales ne sont pas encore identifiées ou inexistantes, comment recruter des bénévoles si on ne publicise pas l’initiative dans tout le Québec ?

Par ailleurs, comment utiliser ces nouvelles ressources ? Quelles sont les balises à mettre en place pour les CSS qui recourraient à cette banque ? Comment mettre en relation l’élève en besoin et le bénévole désireux de contribuer ? 

Un processus qui prend du temps

C’est un processus qui doit s’appuyer sur l’expérience et le dialogue, donc cela prend du temps pour que cette initiative puisse contribuer au support des adolescents.

Il y a un autre point qui justifie cette période de réflexion : est-ce qu’on veut des « tuteurs » centrés sur les apprentissages formels ou des « mentors » soucieux de créer un lien sécurisant l’élève ? Veut-on soutenir les apprentissages ou réduire le risque de décrochage scolaire ?

Combien de jeunes peut-on aider concrètement ? Sans carte des ressources, il est difficile de déterminer la date pour débuter la concrétisation d’une telle initiative sans prendre le risque que le gâteau s’effondre.

On ne peut pas l’organiser avec les mêmes caractéristiques mur-à-mur et encore moins figer dans le temps la manière dont elle s’articulera. Il faut donc accepter que cela prend du temps. C’est un processus qui s’étalera sur plusieurs mois et qui sera affecté par les mesures sanitaires. 

Après avoir dégagé un consensus au sein du Comité « multi-acteurs », l’annonce du ministre Roberge était donc essentielle pour créer une banque de bénévoles et initier des partenariats. 

Maintenant, c’est aux différents milieux de se l’approprier pour l’articuler autant en fonction des besoins singuliers que des ressources locales et provinciales disponibles.

Joël Monzée, docteur en neurosciences
Directeur de l’Institut du développement de l’enfant et de la famille
Membre du Comité EHDAA et membre du Comité Évaluation et Réussite

Courtoisie

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