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On va épargner à Trump de se parjurer. Dommage!

On va épargner à Trump de se parjurer. Dommage!
AFP

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Le procès de Trump commence cette semaine au Sénat des États-Unis. On sait déjà qu’il va être acquitté. Peu importe les arguments, les faits et les preuves accablantes qui seront présentés, démontrant qu’il a incité ses crétins de partisans à prendre le Capitole d’assaut pour empêcher le Congrès de confirmer l’élection de Joe Biden. La très grande majorité des lâches sénateurs républicains vont se porter à sa défense et voter contre sa destitution.

Il faut pourtant que cet individu paie pour les crimes qu’il a commis durant sa présidence. Comment faire? Faute de mieux, il faut, au moins, humilier le «péteux de broue» compulsif.

Ça commence déjà. Le président Biden a déclaré que Donald Trump ne devrait pas avoir accès à des informations classifiées comme les autres ex-présidents. Dans une interview accordée vendredi sur CBS, Biden a déclaré qu’il pensait que Trump avait un «comportement erratique» et qu’il était imprudent et dangereux. 

Ses remarques indiquent qu’il considère son prédécesseur comme un risque pour la sécurité nationale. Quel affront. Les services secrets pourront donc lui refuser certains renseignements. D’ailleurs, ça serait vraiment suspect si Trump l’exigeait. Ça ne l’intéressait pas lorsqu’il était à la Maison-Blanche. Contrairement à ses sept prédécesseurs, il ne lisait jamais le President's Daily Brief, une synthèse matinale quotidienne préparée par les agences de renseignement américaines. 

De toute façon, ses faibles capacités cognitives et sa connaissance limitée des questions internationales faisaient que ça dépassait son entendement. Et c’est sans compter le risque qu’il révèle des informations délicates par imprudence ou par stupidité. Ce qu’il a fait à deux reprises durant sa présidence. Refuser ces informations à un ancien président est sans précédent. C’est une insulte avilissante pour Trump.

Comme je l’ai déjà souligné dans un blogue précédent, Trump doit rembourser des centaines de millions de dollars de dettes, certaines à des créanciers étrangers, peut-être russes. Vendre des secrets d’État serait, pour un individu amoral, sans principes et sans scrupules comme lui, un moyen de s’en sortir.

Mais il faut aller plus loin pour lui rabattre le caquet. Une initiative, qui serait dévastatrice pour son ego et sa réputation, serait de le contraindre à témoigner sous serment. Ses avocats s’y opposent. Avec raison: c’est un menteur sériel pathologique. Il se parjurerait inévitablement en répondant aux questions des procureurs démocrates. Ça serait plus fort que lui. Malheureusement, les démocrates y ont renoncé. Ils pensent que ça allongerait indûment les procédures au Sénat. Lors de son premier procès en destitution, Trump avait offert de témoigner. Ses avocats avaient réussi à l’en dissuader. Pour les mêmes raisons.

L’humiliation et le ridicule sont une bonne façon de faire payer l’ex-vedette de téléréalité pour ses crimes politiques. Pour les autres crimes qu’il a commis avec la complicité de sa famille de forbans, il faut attendre les conclusions des enquêtes en cours sur ses multiples transgressions de lois criminelles, fiscales et électorales. Par exemple, avoir acheté le silence de deux prostituées avec de l’argent provenant de sa campagne présidentielle.

Selon son avocat, Michael Cohen, Trump gonflait ou réduisait la valeur de ses actifs, personnels et corporatifs, pour, alternativement, obtenir des prêts bancaires ou réduire ses impôts. Ce serait pour le moins cocasse si Trump était finalement coincé pour évasion fiscale comme Al Capone, le légendaire mafioso des années 1920.

Pour éviter la prison et la faillite, irait-il jusqu’à se réfugier à Moscou auprès de son ami Poutine? Mais même là, le tyran russe pourrait se débarrasser de lui, après lui avoir soutiré tous les renseignements dont il a besoin. Vous imaginez la scène: Trump, menotté, en survêtement orange, fers aux chevilles, descendant d’un avion, escorté par des agents du FBI. Je sais, je sais. Encore une fois, je rêve en couleur.