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10 000 morts et ce n’est pas terminé

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Photo d'archives, Agence QMI, Joël Lemay Le 11 avril dernier un employé sortait le corps d’une personne décédée du CHSLD Herron de Dorval.

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C’est le cas de le dire, on ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez. Il y a un an jour pour jour, il n’y avait aucun cas de COVID-19 déclaré au Québec. On se donnait encore la main, on se faisait des accolades, on recevait des amis à la maison, on voyageait et on faisait de gros rassemblements comme si on était à l’abri de ce virus qui se répandait comme une traînée de poudre partout dans le monde.

Même le 10 mars, jour du budget provincial, le fameux virus ne faisait pas peur au gouvernement Legault puisqu’aucune somme n’était encore planifiée au ministère de la Santé pour lutter spécifiquement contre une pandémie de COVID-19. Il n’y avait que le fond d’imprévus de 200 M$ au Conseil du trésor. Le gouvernement a réalisé le sérieux de la menace dans les jours suivants en déclarant l’état d’urgence sanitaire. Le premier décès lié au virus en terre québécoise a été annoncé le 18 mars. On était loin d’imaginer que 11 mois plus tard, il y aurait plus de dix mille morts uniquement au Québec, le pire bilan au Canada. 

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Nouveaux variants

Où en serons-nous le 8 février 2022 ? La pandémie sera-t-elle derrière nous ? Aurons-nous vécu une troisième vague encore plus meurtrière, causée par les variants, un peu comme celle qui a déferlé sur le Royaume-Uni en janvier et qui frappe en ce moment le Portugal ? Évidemment, on ne se le souhaite pas, mais il vaut mieux s’y préparer.

La réouverture aujourd’hui des commerces, des musées et des salons de coiffure partout au Québec, et même des restaurants en zone orange, est quand même un petit baume sur notre moral et notre économie qui en ont bien besoin. On aimerait que ça dure et même obtenir d’autres assouplissements pour de nouvelles régions, mais pour ça, il ne faut surtout pas s’emballer et diminuer nos mesures de protection de base. Le bilan de la COVID-19 a beau s’améliorer au Québec, moins de cas, moins d’hospitalisations, moins de décès, la situation demeure fragile.

Des vaccins qui entrent au compte-gouttes

Bien sûr, on aimerait tous que les vaccins arrivent plus vite pour éviter ou amoindrir les effets de cette troisième vague. On était très fier en décembre d’être un des premiers pays dans le monde à vacciner, mais on a pris du retard en raison des problèmes d’approvisionnement. Justin Trudeau maintient toutefois que le Canada recevra ses six millions de doses de Pfizer et de Moderna d’ici la fin mars. Étant donné qu’il met en jeu sa réputation et sa possible réélection, j’ai tendance à le croire. Il aurait trop à perdre à vouloir embellir la situation.

Mais d’ici à ce que ces 6 millions de doses soient administrées, il y aura la St-Valentin, une relâche scolaire, l’arrivée du printemps et possiblement un long congé de Pâques, bien des occasions qui donnent le goût de recommencer à se donner la main, à se faire des accolades, recevoir des amis à la maison, voyager entre régions et faire des rassemblements comme dans le bon vieux temps. Si la tentation se fait sentir, j’espère qu’on aura une pensée toute spéciale pour ces dix mille morts pour se ressaisir.