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Changement de ton à L’Ancienne-Lorette

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc « On a une fierté lorettaine. Je dis souvent : on peut déménager de L’Ancienne-Lorette, mais on ne sort jamais L’Ancienne-Lorette d’un Lorettain », a confié Gaétan Pageau au Journal.

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Maire de L’Ancienne-Lorette depuis près de deux mois, Gaétan Pageau tend la main aux autres élus de l’agglomération de Québec, avec qui il a l’intention de collaborer tout en veillant aux intérêts de ses citoyens.

Depuis l’arrivée du 34e maire de L’Ancienne-Lorette, on assiste à un important changement de ton dans la gestion des affaires de la Ville. 

On pourrait d’ailleurs voir comme un paradoxe son élection avec une forte majorité (55,8 %), alors qu’on l’a souvent décrit comme un opposant notoire d’Émile Loranger. Ce dernier est décédé en avril 2020, après avoir occupé le siège du maire pendant près de 40 ans. M. Pageau refuse toutefois cette étiquette, préférant attribuer sa victoire au bilan de ses sept années passées au conseil municipal. 

« Prenez l’ensemble des décisions et, la plupart du temps, on était d’accord, dit M. Pageau. Je me suis opposé sur certains points qui étaient fondamentaux pour moi. »

Père de deux grands enfants dans la vingtaine, Gaétan Pageau leur a souvent répété qu’on pouvait « dire n’importe quoi à n’importe qui, mais tout est dans la façon de le faire. On est ferme dans les objectifs, mais on est respectueux dans les façons de faire », décrit celui qui a accordé au Journal sa première grande entrevue depuis son élection, le 13 décembre, au terme d’une interminable campagne électorale de 100 jours due à la pandémie.

Certes, les occasions d’échanger avec les maires de Saint-Augustin et de Québec se font rares en raison de la pandémie. Mais M. Pageau croit au travail d’équipe pour défendre la région. Il sent la même ouverture de la part de ses homologues.

Le nouveau maire espère une victoire en appel dans le dossier des quotes-parts. Il y a néanmoins intérêt à collaborer dans le dossier des inondations de la rivière Lorette et aussi du réseau de transport structurant. « Il est clair qu’il faut améliorer le transport en commun dans la région de Québec, et il faut que l’ensemble des intervenants se parlent et s’enlignent sur une position. »

Gaétan Pageau se décrit comme « un homme d’action, qui aime s’impliquer, qui aime la ville qui l’a vu naître et grandir et lui a donné beaucoup. Je suis rendu au moment de redonner à notre ville que l’on aime tant, et qui est exceptionnelle ».

Traces de son père

L’élu suit les traces de son père, Marcel Pageau, qui a dirigé la Municipalité de 1968 à 1983, et qui était très impliqué dans le monde municipal. À l’évocation de celui-ci, décédé en 2018, il doit reprendre son souffle, gagné par l’émotion. 

« À son décès, même 35 ans après la fin de sa carrière politique, c’était impressionnant le nombre de personnes qui sont venues lui rendre hommage. C’est là que j’ai pu mesurer la grandeur qu’il a pu avoir dans sa vie publique. »

Dès son arrivée comme conseiller, en 2013, Gaétan Pageau s’est d’ailleurs fait un devoir d’amener plus de transparence à l’hôtel de ville. 

« Régulièrement, je consulte les gens que je représente, expose M. Pageau. Je suis une personne qui est près des gens, qui marche beaucoup et communique avec les gens. Faire fonctionner une ville, ça ne se fait pas seul, ça se fait principalement avec les citoyens. Et l’esprit pour moi d’aller en politique, c’est de servir. »

Gaétan Pageau dispose de peu de temps avant la prochaine élection municipale, cet automne. En plein cœur de la pandémie, dit-il, il n’a pas encore commencé à penser à cette nouvelle campagne. 

Autoroute 40

D’ici là, le maire entend s’opposer au prolongement de l’autoroute 40, qui n’a plus de sens selon lui, et espère la rétrocession des terrains du MTQ. Il entend d’ailleurs poursuivre l’amélioration du milieu de vie pour les citoyens en mettant en valeur de nombreux espaces verts sous-utilisés, comme ceux-ci.

Puis, l’élu travaille déjà sur le dossier des célébrations du 350e de L’Ancienne-Lorette, en 2023. 

À ceux qui considèrent que cette ville est enclavée, ce qui laisse peu de place au développement, M. Pageau objecte qu’il est toujours possible de renouveler l’immobilier. Il mentionne le complexe Jules-Verne, par exemple. 

« Nos gens de l’urbanisme travaillent sur une nouvelle réglementation dans le respect du citoyen, et un schéma d’aménagement vient d’être fait, souligne-t-il. Je suis un gars qui aime bien voir où on s’en va. »