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Trop tôt pour les réjouissances

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À partir d’aujourd’hui, en zone orange comme en zone rouge, nous pouvons maintenant aller magasiner, déambuler au musée et nous faire coiffer. Suis-je la seule à penser qu’il est encore trop tôt pour ce petit déconfinement ?

Mardi à 17 h, nous étions plusieurs Québécoises et Québécois rivés devant notre écran pour écouter François Legault nous annoncer ce qu’il adviendrait de nos peaux à partir du 8 février. Quelle réjouissance ! Enfin, on pourrait se déconfiner un peu ! Pourtant, lorsqu’on regarde ce qui se passe au Québec, ce sentiment de réjouissance s’estompe rapidement. Retard dans la campagne de vaccination qui nous rend vulnérables aux nouveaux variants, des mesures pour détecter cesdits variants qui ne seront complètement efficaces que dans quelques semaines, une moyenne supérieure à 1000 cas par jour la semaine dernière : on n’est pas sortis du bois !

  • ÉCOUTEZ la chronique de Madeleine Pilote-Côté à QUB radio:

Les prochaines semaines seront déterminantes. N’aurait-on pas mieux fait de rester totalement confinés, pour espérer retrouver plus de liberté prochainement ?

Pour une liberté totale

Le 30 janvier, la Dre Theresa Tam, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, a sommé les provinces de résister à l’envie de lever trop rapidement les mesures sanitaires. Dans l’une de ses déclarations officielles, elle a affirmé que le maintien de mesures strictes est crucial pour soutenir de façon durable la tendance de cas à la baisse. Oui, notre santé mentale, les commerces et la culture ont besoin de lousse. Mais si davantage de ressources d’aide psychologique étaient disponibles, que du soutien financier plus substantiel était accordé aux entreprises, que la culture n’avait pas été la grande oubliée de la pandémie, aurait-on mieux accepté l’idée de vivre en confinement total sur une plus longue période ?

Nous sommes gourmands de liberté, mais à force de nous donner des petits « nananes », le gouvernement repousse peut-être le moment où l’on pourra se garrocher dans le buffet à volonté de la liberté.