/news/health
Navigation

Une Nord-Côtière risque un infarctus en raison du manque de vols en région

Coup d'oeil sur cet article

Une femme de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, a été contrainte de mettre en pause ses traitements pour combattre une maladie rare, faute de desserte aérienne adéquate. Elle trouve que la « COVID a le dos large ».

Depuis qu’elle est enfant, Mélanie Jean souffre d’une forme rare de cholestérol qui ne répond à aucun médicament. Après des années à chercher son problème de santé, les médecins ont finalement trouvé un moyen de diminuer son cholestérol grâce à l’aphérèse, une sorte de dialyse qui filtre son sang.

« C’est ça qui me garde en vie », explique la femme de 38 ans, qui avait une espérance de vie de 21 ans quand elle était enfant. Sauf que le traitement dispendieux se donne seulement à Québec, contraignant la femme à voyager toutes les deux semaines. « Toute ma vie, j’ai voyagé », illustre-t-elle. 

Avant la pandémie, le vol d’Air Canada payé par un organisme gouvernemental lui permettait de prendre un vol de Sept-Îles tôt le matin pour avoir son traitement de trois heures au CHUL de Québec, avant de reprendre l’avion et d’être chez elle en fin de soirée. Depuis, l’abandon des régions par Air Canada et le délestage a compliqué les choses. 

Trois jours à Québec

Deux autres entreprises offrent toujours des vols de Sept-Îles, mais les départs sont en milieu de journée plutôt que le matin ou en soirée. Afin de recevoir ses traitements, Mme Jean doit donc maintenant prévoir trois jours de voyagement toutes les deux semaines.  

« À cause du délestage, le département ferme à 17 h, ça ne me laisse pas le temps d’avoir mon traitement le jour même. » Surtout que le vol de retour est tôt le matin.

Elle est donc contrainte de dormir deux nuits à Québec et de se payer plusieurs repas au restaurant. « Il faudrait que je manque trois jours de travail toutes les deux semaines », explique celle qui voit son budget être considérablement amputé. 

« Je n’ai pas les moyens d’avoir des dépenses comme ça », explique-t-elle en rappelant qu’à court terme, elle peut retarder quelques traitements. 

« Si je n’ai pas mon traitement, à long terme mes artères vont boucher et je vais faire un infarctus. »

Un appel des régions

Mélanie Jean estime que le problème de la desserte aérienne est tout aussi important pour « la santé financière de la région. Le combat que je mène n’est pas juste pour moi ». 

« La COVID a le dos large », lâche-t-elle en constatant le nombre élevé de services que la région perd, tout en y réclamant aussi le droit d’y vivre. « Les services, on devrait y avoir droit aussi », plaide Mélanie Jean.