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Un Québécois veut reprendre la North American Lithium

Il espère donner un second souffle au projet délaissé par le géant chinois CATL

Benoit La Salle
Photo courtoisie L’entrée de la mine North American Lithium (NAL), à La Corne, en Abitibi-Témiscamingue, avec l’usine de première transformation que SRG souhaite améliorer.

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Un entrepreneur québécois du secteur minier veut reprendre des Chinois le projet North American Lithium (NAL), à La Corne, en Abitibi, pour garder le contrôle de la ressource ici.

« Aujourd’hui, au Québec, on ne doit pas voir un projet comme North American Lithium passer entre des mains étrangères », lance Benoit La Salle, fondateur de la minière d’or Semafo, aujourd’hui, président exécutif du conseil d’administration de la minière québécoise SRG basée à Montréal.

Cotée à la Bourse de Toronto, SRG vient de sécuriser 10 M$ pour l’investir dans le processus de reprise du projet North American Lithium (NAL), piloté par le cabinet Raymond Chabot.

« On n’est pas des promoteurs. On n’est pas des “pousseux” de titres de Bourse. On est de vrais opérateurs de mines », poursuit l’homme d’affaires, qui veut prendre le lithium, le transformer en spodumène, puis ensuite en hydroxyde de lithium, servant à la fabrication de batteries.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

Intérêts chinois

En mai 2019, la North American Lithium s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). 

Du jour au lendemain, Investissement Québec (100 M$), le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (23 M$) et de nombreux fournisseurs du coin ont vu ce projet prometteur s’écrouler comme un château de cartes.

Mais pour Benoit La Salle, son potentiel minier reste énorme. Pour le développer, son groupe veut investir des dizaines de millions pour remettre à niveau la première usine de transformation et jusqu’à 250 M$ pour en bâtir une deuxième.

« C’est un dossier qui est allé en faillite trois fois, mais lorsque l’on en fait l’autopsie, on s’aperçoit que c’était de la mauvaise gestion », analyse Benoit La Salle, qui a fondé la minière d’or Semafo en 1995.

D’après lui, les Chinois de la Contemporary Amperex Technology Limited (CATL) qui possédaient la mine ont eu du mal à s’occuper de la ressource. 

« Ce ne sont pas des mineurs. Ils fabriquent des batteries. Ils ont essayé de s’intégrer verticalement, et ça a été un échec total. Pas juste au Québec, partout dans le monde », laisse-t-il tomber.

Équipe québécoise

Pour le projet, Benoit La Salle s’est entouré de Québécois avec une longue feuille de route, dont Richard Quesnel qui a vendu Consolidated Thompson 4,8 milliards de dollars et Marc-Antoine Audet (PDG de Sama Resources).

« Ce qu’on leur offre comme équipe, c’est Guy Lafleur, c’est Maurice Richard ! Ce sont les tops du Québec en mine », lance à la blague l’entrepreneur, qui cumule les projets dans les coins les plus reculés d’Afrique.

Selon lui, Investissement Québec (IQ) devrait considérer son offre québécoise plutôt que celle d’autres joueurs autour de la table, comme l’un d'eux qui est financé... par le département de la Défense américain, soutient-il.

« On ne peut pas vendre ce projet-là à des Australiens, des Européens ou des Chinois et des Coréens. Il faut que ce soit à un groupe basé ici », conclut-il.

– Avec la collaboration d’Antoine Robitaille et Sylvain Larocque