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Les armes de poing font toujours plus de victimes

Valérie Plante presse Ottawa de s’impliquer davantage pour contrer ce fléau

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Les homicides par arme de poing ont bondi d’environ 40 % au Canada depuis 10 ans.

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Une arme de poing (<i>en mortaise</i>) a été utilisée pour abattre un homme au volant de son véhicule dans le quartier Rosemont, en 2018.
Photos d'archives, Agence QMI
Une arme de poing (en mortaise) a été utilisée pour abattre un homme au volant de son véhicule dans le quartier Rosemont, en 2018.

De 2016 à 2019, les corps policiers du pays ont rapporté 138 meurtres par arme de poing en moyenne par an, alors qu’ils en comptaient plutôt une centaine par année de 2010 à 2015. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

À Montréal, d’autres tristes statistiques donnent raison à la mairesse Valérie Plante, qui presse Ottawa de s’impliquer davantage dans la lutte contre le « fléau » que représente le trafic d’armes de poing.

Depuis le début de l’année, cinq homicides se sont déjà produits dans la métropole, dont trois par arme à feu. L’an dernier à pareille date, seulement un meurtre s’était déroulé sur le territoire de la ville. 

  • Écoutez l’entrevue d’Ali Nestor, fondateur de l’organisme Ali et les Princes de la rue   

L’omniprésence des armes à feu au Québec s’illustre aussi dans le travail des policiers qui récupèrent les armes saisies.

Selon le rapport de gestion du ministère de la Justice, le Bureau du contrôleur des armes à feu de la Sûreté du Québec en a détruit 698 pour l’année 2019-2020, soit 66 % de plus que l’année précédente.

La mairesse interpelle Ottawa

Après l’assassinat d’une adolescente de 15 ans dimanche dans l’arrondissement Saint-Léonard, Valérie Plante demande au fédéral de mieux contrôler les armes de poing.

« Les armes d’assaut, on est heureux que le gouvernement fédéral ait pris ses responsabilités là-dessus, mais je demande que ça soit également pour les armes de poing », a déclaré la mairesse dans une rare déclaration en marge de la réunion du comité exécutif, hier.

Selon Valérie Plante, ça ne devrait pas être aux villes de légiférer à ce sujet.

« Les armes se promènent, dit-elle. Là, on en a à Montréal, mais on en a ailleurs au Québec aussi et il y en a ailleurs au pays. »

Le Canada a donc besoin d’une « approche cohérente » et d’un « meilleur encadrement » du fédéral, dit-elle.

Le gouvernement de Justin Trudeau a interdit la vente, l’achat, le transport, l’importation ou l’utilisation des armes d’assaut au Canada en mai 2020. Il a cependant laissé aux municipalités le soin de réglementer les armes de poing. 

Montréal et les deux autres plus grandes villes du pays, Toronto et Vancouver, ont plutôt demandé à Ottawa de bannir lui-même les armes de poing.

Le chef fait le point

Valérie Plante et le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, doivent faire le point aujourd’hui à Rivière-des-Prairies sur « les récents événements violents » dans le nord-est de la ville.

Hier, la mairesse a voulu souligner « l’excellent travail du SPVM ».

« La présence policière a été accrue avec du porte-à-porte, autant pour documenter que pour rassurer la population. »

Près de deux mois après l’annonce de sa création, la nouvelle équipe de lutte contre le trafic d’armes du SPVM, qui devait être opérationnelle fin janvier, n’est toujours pas déployée. 

Homicides commis au Canada avec une arme de poing  

  • 2013 : 90 
  • 2014 : 103 
  • 2015 : 102 
  • 2016 : 130 
  • 2017 : 145 
  • 2018 : 144 
  • 2019 : 132  

Source : Données ouvertes du Gouvernement du Canada