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Ça prend une série Canadien-Leafs!

Jassen Charron
Photo courtoisie, Richard Goudreau Un choc entre les Maple Leafs et le Candien en séries relancerait une rivalité qui s’est étiolée au cours des dernières années. Et le jeune Fern, interprété par Jassen Charron dans Il était une fois les Boys, ne voudrait rien savoir d’une victoire des Torontois.

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Ce soir, face aux Maple Leafs, le Canadien aura intérêt à redevenir l’équipe qu’il était avant ses deux derniers matchs contre les Sénateurs. C’est en appliquant un concept collectif que le Tricolore a connu ses succès cette saison.

Les hommes de Claude Julien ne pourront pas jouer à qui perd gagne avec les Leafs et devront se tenir loin du banc des pénalités. On n’a qu’à se rappeler leur premier match de la saison, à Toronto.

Le duel s’annonce intéressant. Les Leafs occupent le premier rang de la division canadienne, trois points devant le Canadien, qui détient un match en main.

Cette rencontre et les huit autres qui suivront entre les deux formations pourraient être le prélude d’une série entre elles au printemps.

Je le souhaite ardemment.

En symbiose avec Fern

Un affrontement dans les séries relancerait une rivalité qui s’est étiolée au cours des dernières années. Parce que bien avant les séries Canadien-Bruins et Canadien-Nordiques, le Tricolore et les Leafs se battaient pour la royauté canadienne et le sommet de la Ligue nationale.

À l’époque des six équipes originales, c’était littéralement les francos contre les anglos. Ironiquement, le Canadien portait le rouge et les Leafs, le bleu.

Je me revois d’ailleurs dans la peau de Fern, de son nom complet Fern Rivet, dans le film Il était une fois les Boys. Un jour, en classe, le prof

Tanguay, dont le rôle est campé par Patrick Labbé, demande au jeune Fern de nommer une grande bataille entre les Français et les Anglais.

Fern, qui est interprété par Jassen Charron, répond : « Toronto a remporté la coupe en six. Un peu grâce à Jean-Claude Tremblay, hein ! Tremblay, l’inventeur du spin around. Ben, y a spinné une fois de trop Tremblay. Y a échappé la rondelle, Dave Keon l’a prise, pis il est allé la mettre dans le but à Vachon.

« Pis moé, j’suis ben écœuré de ça. J’souhaite même qu’ils gagnent plus jamais la coupe Stanley, les Leafs de Toronto. Qu’ils mangent de la marde Toronto ! »

L’auteur et metteur en scène Richard Goudreau a repris pratiquement mot pour mot la réaction que j’avais eue en voyant les Leafs ravir la coupe au Canadien, le soir du 2 mai 1967. C’était deux semaines avant mon 13e anniversaire de naissance.

La 54e année sera-t-elle la bonne ?

Je ne me souviens pas si j’avais dit aux Leafs de manger on sait quoi, mais il y a de bonnes chances. Par contre, j’avais prédit que le Canadien reprendrait la coupe l’année suivante — ce qui est arrivé — et que les Leafs ne la gagneraient plus jamais.

J’avais vu la coupe de mes yeux, pour la première fois, au pavillon de l’Ontario, au lieu de celui du Québec, à l’Expo ’67.

C’était tourner le couteau dans la plaie.

À mes amis journalistes de Toronto qui me demandent quand je vais libérer les Leafs du mauvais sort que je leur ai jeté, je réponds : « Pas question ! »

Pas de série depuis 1979

Richard Goudreau a bien ri quand je lui ai raconté mon histoire, hier. Il y a un peu de lui dans les personnages qu’il a créés pour Les Boys.

Le cri du cœur de Fern lui résonne encore aux oreilles lorsque le Canadien croise le fer contre les Leafs. Des amis et des étrangers qui le reconnaissent dans la rue lui lancent : « Qu’ils mangent d’la marde Toronto ! »

Le Canadien et les Leafs ne se sont affrontés que deux autres fois en séries après 1967, soit en 1978 en demi-finale et en 1979 en quart de finale. 

C’était dans les dernières années de la grande dynastie du Tricolore. Les Leafs n’étaient pas de taille et avaient été balayés en quatre matchs les deux fois. La coupe Stanley avait défilé sur la rue Sainte-Catherine une troisième et quatrième fois consécutives au cours de ces deux années.

Puis, de la saison 1981-1982 à la campagne 1997-1998, les Leafs ont évolué dans l’association Clarence Campbell (connue comme l’Association Ouest en temps normal). Les matchs contre le Canadien étaient réduits à deux par année.

Les deux équipes s’affrontent plus souvent depuis que les Leafs sont revenus dans l’Association Est, et encore plus cette saison. Mais il manque quelque chose.

Une série Canadien-Toronto en mai, ce serait excitant !

Les Penguins vont changer

Attendez-vous à ce que le visage des Penguins de Pittsburgh change avec la nomination de Brian Burke au poste de président des opérations hockey et l’arrivée de Ron Hextall, qui succède à Jim Rutherford à titre de directeur général.

Comme Marc Bergevin l’a fait avec le Canadien cette année, le duo Burke-Hextall va prioriser l’ajout de muscle à sa formation au cours des prochaines années. On peut penser aussi qu’ils vont rajeunir l’équipe. Oseront-ils échanger Sidney Crosby ?

Il serait étonnant que les propriétaires Mario Lemieux et Ronald Burkle donnent leur consentement à une telle transaction.

Mais sait-on jamais ?

Wayne Gretzky a été échangé deux fois.

Le cas Letang 

Une rumeur a circulé, à la suite de la démission surprise de Jim Rutherford, selon laquelle la haute direction se serait opposée à une transaction impliquant Kristopher Letang. 

L’expérimenté défenseur est encore utilisé à profusion, comme en fait foi son temps de jeu moyen de 24 min 30 s. Il ne totalise cependant que quatre mentions d’aide en 10 matchs.

Il célébrera son 34e anniversaire de naissance le 24 avril, tout comme Crosby le 7 août.

Les Penguins n’ont plus une équipe capable d’aspirer aux grands honneurs depuis leur double conquête de 2016 et 2017.

Ils se sont départis de leurs premier, troisième, quatrième et sixième choix au prochain repêchage.

Bref, Burke et Hextall ont du pain sur la planche.

Les clubs américains y goûtent !

C’était à prévoir, sans doute.

Les équipes américaines de la LNH sont plus touchées par la COVID-19 que les formations canadiennes. En fait, aucun match n’a encore été reporté dans la division canadienne.

Les Flyers de Philadelphie, qui devaient jouer à Washington hier soir, sont la plus récente équipe ayant dû déclarer forfait.

Les matchs annulés

s’accumulent. Sera-t-il possible de les reprendre tous ?

Ça s’annonce difficile.